Afghanistan: Une équipe pour négocier la paix avec les taliban

Le président afghan Ashraf Ghani a annoncé mercredi avoir constitué une équipe de douze négociateurs afin de discuter d'un accord de paix impliquant les taliban dans une société démocratique et participative respectant les droits des femmes. /Photo prise le 15 juillet 2018/REUTERS/Mohammad Ismail (Reuters)

GENEVE/KABOUL (Reuters) - Le président afghan Ashraf Ghani a annoncé mercredi avoir constitué une équipe de douze personnes pour négocier avec les taliban un accord de paix fondé sur le principe d'une société démocratique et participative, respectueuse des droits des femmes.

"Je suis heureux de vous annoncer aujourd'hui qu'après des mois d'intenses consultations avec nos citoyens dans l'ensemble du pays, nous avons mis au point une feuille de route pour des négociations de paix", a déclaré Ashraf Ghani lors d'une conférence de l'Onu, à Genève.

"Nous avons constitué les instances et les mécanismes nécessaires pour chercher un accord de paix. Nous passons maintenant au chapitre suivant du processus de paix", a-t-il ajouté.

Les taliban, qui n'étaient pas représentés à Genève, ont par la suite annoncé leur refus de négocier "avec des instances sans pouvoirs imposées par des puissances étrangères", mais se sont dits disposés à le faire avec les Etats-Unis.

"Le monde entier voit bien que plus de la moitié de l'Afghanistan est sous le contrôle de l'Emirat islamique, alors que l'administration de Kaboul a été mise en place par les Américains", ajoutent-ils dans un communiqué.

Ghani a précisé que son chef de cabinet conduirait la délégation des négociateurs et qu'un conseil consultatif serait également mis sur pied.

"L'élection présidentielle au printemps sera la clé du succès des négociations de paix. Le peuple afghan a besoin d'un gouvernement élu avec pour mandat d'obtenir la ratification, de mettre en oeuvre l'accord de pax et conduire le processus de réconciliation sociale", a-t-il dit.

"Cette mise en oeuvre prendra au moins cinq ans pour réintégrer six millions de réfugiés et de personnes déplacées", a-t-il estimé.

Quelques heures plus tard, un attentat à la voiture piégée a fait au moins dix morts et 19 blessés aux abords de locaux de la société de sécurité britannique G4S, près d'une zone industrielle de Kaboul, selon le ministère afghan de la Santé.

(Tom Miles à Genève et Hamid Shalizi à Kaboul; Pierre Sérisier et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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