Afghanistan : pourquoi Joe Biden aurait dû relire Joseph Kessel

Par Michel Colomès
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Joe Biden au cimetière d'Artlington en avril 2021.
Joe Biden au cimetière d'Artlington en avril 2021.

C'était en avril 1967. Un an auparavant, le grand journaliste et écrivain Joseph Kessel avait publié Les Cavaliers. L'histoire d'Ouroz et de Jehol, le cheval fou, avec lequel il avait participé au bouzkachi, ce jeu barbare organisé pour l'anniversaire du roi d'Afghanistan, Zair Chah. Pour les besoins d'un reportage de télévision, Jeff, après le succès de son livre, avait accepté la proposition qu'avec Igor Barrère nous lui avions faite de retourner en Afghanistan. Et ce jour-là, dans un cirque d'une montagne hostile, proche de la passe de Khyber, qui mène au Pakistan, l'équipe de tournage avait été brusquement encerclée par des hommes à cheval brandissant des fusils et tirant en l'air, dans une sorte de fantasia sauvage.

Heureusement pour nous, leurs intentions étaient tout à fait pacifiques. Ils étaient venus pour présenter à Kessel leur héros : le fils d'un des combattants pachtounes qui, 120 ans auparavant, avaient littéralement massacré, le 13 janvier 1842, les soldats anglais du 44e régiment d'infanterie d'Essex et les civils qu'ils protégeaient. Tous tentaient de faire retraite vers l'empire des Indes, après avoir fui Kaboul, où le Royaume-Uni avait vainement tenté de s'implanter.

De Gengis Khan aux Britanniques, les Pachtounes n?ont jamais accepté et jamais n?admettront aucune domination étrangère.

Ce jour-là, le fils du héros brandissait fièrement le vieux fusil, à la crosse sculptée, avec lequel son aïeul, expliquait-il sans se faire prier, avait tru [...] Lire la suite