Afghanistan: la misère dans les camps de déplacés

·1 min de lecture

En Afghanistan, les fonds manquent et le pays pourrait plonger dans une grave crise humanitaire selon plusieurs organisations internationales. Le pays est confronté à une crise économique majeure depuis la prise du pouvoir par les talibans.

Avec notre correspondante à Kaboul, Sonia Ghezali

Une aide d’urgence de 606 millions de dollars a été promise à l'Afghanistan, mais seuls 22% des fonds auraient été reçus à ce jour. La situation se détériore pour la population. « Jusqu’à 97 % de la population risque de sombrer en dessous du seuil de pauvreté », a averti récemment le Programme des Nations unies pour le développement. À Kaboul, des milliers de familles ont déjà sombré dans une grande misère.

Dans le camp de déplacé de Sarai-e-shamali, plus de 2000 familles qui ont fui leur village à cause des combats qui ont précédé la prise de pouvoir par les talibans vivent sous des tentes de fortune, dressées au milieu des flaques de boue.

Une femme seule, souhaitant rester anonyme, mère de huit enfants, explique avoir vendu sa fille âgée d’un an et demi pour environ 290 euros: « Une femme à l’hôpital a demandé à voir ma fille. Je l’y avais emmenée parce qu’elle était malade. Je ne pouvais pas payer ses médicaments. J’ai pensé que cette femme pouvait lui offrir une belle vie. Alors j’ai vendu mon enfant. »

À lire: En Afghanistan, il faut en urgence «de l’argent pour faire fonctionner le système de santé»

Dans les camps « la pire des situations imaginables »

Des femmes se présentent chaque jour au camp et disent vouloir acheter des enfants, nous explique le représentant des familles de déplacés qui pointe également les conditions de vie dramatique des familles.

« C’est la pire des situations imaginables. Il n’y a rien à manger. La nuit dernière, des familles m’ont dit qu’elles n’avaient pas mangé depuis deux jours. Alors j’ai acheté quarante pains que j’ai distribués à quelques-unes d’entre elles. Ici, il n’y a pas d’eau, pas de nourriture, ni de toilettes, il n’y a rien. Ce sont les pires conditions de vie possible. Ce matin, il pleuvait très fort, l’eau est entrée dans les tentes. Tout est trempé maintenant. Comment survivre dans ces conditions ? Dans les mois qui viennent, beaucoup mourront à cause de la faim et du froid. »

Une prédiction plus qu’une crainte avec l’arrivée de l’hiver, souvent rude à Kaboul qui est perchée à 1800 mètres d’altitude. Le représentant communautaire évoque aussi la prostitution de certaines femmes pour nourrir leurs enfants, mais aussi la violence. Les talibans interviennent régulièrement pour mettre fin aux bagarres, dit-il.

À écouter: Ils ont quitté Kaboul et attendent toujours d’être évacués vers l’Europe

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles