En Afghanistan, des milliers de personnes crient famine dans les rues de Kaboul

L’Afghanistan continue de s’enfoncer dans une grave crise économique et humanitaire. Environ 95% de la population ne mange pas à sa faim.

Avec notre correspondante à Kaboul, Sonia Ghezali

Il y a cinq jours, une dizaine d’experts onusiens indépendants ont appelé le gouvernement américain à débloquer les avoirs étrangers de la Banque centrale afghane, qui s’élèvent à plus de sept milliards de dollars américains.

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Plus de la moitié de la population afghane est menacée par la famine après un hiver rude et une sécheresse causée par le réchauffement climatique. À Kaboul, le nombre de personnes qui mendient pour survivre a explosé. Des distributions de nourriture ont lieu chaque jour dans la capitale afghane.

« Sans cette aide, on n’a rien à manger, on reste le ventre vide »

Une file d’attente s’est formée devant un hangar, une centaine d’hommes poussant des brouettes vides font la queue. À l’intérieur, des employés d’une ONG locale qui organise une distribution de vivres financée par le Programme alimentaire mondial de l’ONU. Jumakhan Mahram sort de l’entrepôt, sa brouette chargée. « J'ai reçu 6 kg de haricots, 5 litres d’huile, 50 kg de farine. Je suis très content. Sans cette aide, on n’a rien à manger, on reste le ventre vide », explique-t-il.

Les employés tentent de fermer les portes et appellent chacun à rentrer chez soi, sans succès. Le ton monte, des mains désespérées s’agrippent aux bras des employés débordés. « Hier, il y avait 3 000 personnes. Il y a plus de 10 000 familles enregistrées dans l’arrondissement numéro 10. Mais il y a en a beaucoup plus. Beaucoup de gens ne sont pas enregistrés alors qu’ils sont très pauvres, sans travail, sans argent, sans rien », souligne-t-il.

Des dizaines de femmes et d’hommes en colère exhibent leur tazkira, leur pièce d’identité. Ils n’ont pas la carte d’inscription nécessaire pour bénéficier de cette distribution. Certains finissent par quitter les lieux et vont tenter leur chance devant les boulangeries de la ville où s’amassent chaque soir des centaines de personnes. Elles espèrent qu’un client charitable voudra bien leur donner un ou deux pains.

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