Afghanistan: Macron nuance ses propos sur l'immigration et fâche... Marine Le Pen

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Plusieurs jours après avoir subi les foudres de la gauche en parlant de "flux irréguliers", le président s'attire désormais des critiques à droite.

POLITIQUE - Nouvelle salve de critiques... mais pas du même camp. Emmanuel Macron s’attire les foudres de plusieurs responsables de droite et d’extrême droite pour avoir nuancé, dimanche 29 août au soir, ses propos sur les flux migratoires en lien avec la situation en Afghanistan

“Je ne pense pas que la situation que nous allons vivre soit comparable à 2015 parce que l’Afghanistan n’est pas la Syrie, et parce qu’il y a déjà eu de très forts mouvements” de migrants afghans au fil des ans, a ainsi déclaré le chef de l’Etat sur les chaînes TF1 et LCI, depuis Mossoul en Irak, ajoutant: “je pense qu’il ne faut pas confondre les risques terroristes et la dangerosité et le phénomène des migrations.”

Des propos quelque peu différents de ceux qu’il lançait le 17 août dernier, lorsqu’il appelait l’Europe à “se protéger contre des flux migratoires irréguliers importants” qui “nourrissent les trafics de toute nature”. Et ce changement de pied, aussi léger soit-il, n’a manifestement pas plu à Marine Le Pen.

Le Pen et Stefanini embrayent

“Le lien entre immigration et terrorisme n’est pas anecdotique comme semble le dire monsieur Macron”, a ainsi écrit la présidente du Rassemblement national, dimanche soir, sur les réseaux sociaux, quelques minutes après la prise de parole du chef de l’État. Pour elle, “la route migratoire qui s’ouvre doit être empêchée et des cités d’accueil ouvertes dans les pays frontaliers de l’Afghanistan”. “Il en va de la sécurité de la France et de l’Europe”, estime-t-elle. 

Un avis que partage le directeur de campagne de Valérie Pécresse. Invité de LCI ce lundi matin, le 30 août, Patrick Stefanini a également jugé que “les deux problématiques”, à savoir migration et risque sécuritaire, vont de pair, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

“Le point sur lequel j’ai une nuance avec le président de la République, c’est que dans son intervention d’hier il a semblé distinguer le risque migratoire du risque sécuritaire, mais ces deux risques sont intimement liés”, a ainsi estimé le haut-fonctionnaire qui accompagnait François Fillon en 2017, ajoutant en guise d’argument: “parmi les services de sécurité aux frontières extérieures de l’Union européenne, vous n’avez pas d’un côté des agents de l’immigration qui s’intéressent aux profils migratoires et à côté de ça, des policiers et des gendarmes qui s’intéressent à leur profil sécuritaire, ce sont les mêmes agents qui font le contrôle.”

De son côté, Emmanuel Macron explique ne pas vouloir “susciter des peurs inconsidérées”, même si “il y aura plus de monde qui essaiera de venir en Europe et donc cela créera une pression sur nos capacités à accueillir”, selon ses mots, dimanche soir, en écho à son allocution solennelle de la mi-août sur le sujet. 

Depuis le fort de Brégançon, le président de la République avait demandé à l’Europe de s’organiser pour mieux “se protéger” contre les flux irréguliers, quelques heures seulement après la prise de Kaboul par les talibans. Il s’était, cette fois-ci, attiré un procès en “cynisme”, venu de la gauche et des défenseurs des libertés. “Emmanuel Le Pen”, avait par exemple écrit le lanceur d’alertes Edward Snowden sur les réseaux sociaux.

À voir également sur Le HuffPost: La plus grande base militaire américaine d’Europe transformée en camp pour les évacués afghans

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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