Afghanistan : l'ONU maintient son aide humanitaire "inconditionnelle"

L'interdiction du travail des femmes dans les ONG en Afghanistan avait soulevé des craintes sur le maintien des aides humanitaires dans ce pays pauvres et dont la population risque la famine. Mais les aides de l'ONU ne peuvent pas être conditionnées a tenu a réaffirmer l'agence dans un point presse.

Les talibans viennent d'interdire aux femmes et aux filles de poursuivre des études universitaires et de travailler dans des ONG nationales ou internationales, provoquant un tollé en Occident.

Le G7, le Conseil de sécurité et le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres ont exigé que Kaboul revienne "de toute urgence" sur ces restrictions "irresponsables et dangereuses" et qui sont "d'injustifiables violations des droits humains".

L'exclusion des femmes complique le travail des ONG sur place, qui employaient près d'un tiers de salariées. Pour autant, cela ne remet pas en cause l'aide de l'ONU. Il n'est pas question de punir la population afghane qui n'a "rien à voir avec cette situation" a rappelé l'agence lors d'un point presse à New York. La moitié de la population du pays est situation d'insécurité alimentaire d'après le Programme alimentaire mondial.

L'agence souhaite maintenir le dialogue avec les Talibans, afin de parvenir à une résolution pacifique du conflit. "Ce mouvement n'a pas répondu favorablement à la pression par le passé", a-t-il rappelé en allusion au régime islamique rigoriste au pouvoir de 1996 à 2001.

Dans ce but, l'ONU a annoncé la venue prochaine de Martin Griffith, secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU. D'autres visites par des hauts représentants de l'agence sont également prévues dans les semaines à venir.

"Les Talibans ont effacé les femmes de la vie publique"

Les Talibans avaient promis qu'ils ne toucheraient pas aux libertés des femmes au moment de leur prise de pouvoir en aout 2021. Depuis, elles ont perdu le droit de se déplacer seule, d'avoir le visage découvert en public et désormais le droit aux études et au travail.

L'ex-parlementaire afghane Fawzia Koofi, désormais exilée au Royaume-Uni, appelle la communauté internationale à "faire pression" sur les Talibans.

"_Ils ont littéralement effacé les femmes, il ne leur reste rien ou presque,_peut-être que le prochain arrêté dira que que les femme devraient arrêter de respirer, parce qu'elles ne peuvent pas sortir de chez elles, ni aller travailler dans les bureaux," s'emporte-t-elle.

Au début du mois de décembre, les femmes afghanes ont été interdites de fréquenter les universités. Cela avait provoqué l'indignation dans le monde entier et déclenché une vague de manifestations dans certains villes du pays.