Afghanistan: ce que l'on sait au lendemain des attentats qui ont fait au moins 85 morts à Kaboul

·4 min de lecture

Revendiquée par une branche locale de l'État islamique, l'attaque n'empêchera pas les pays occidentaux à poursuivre leurs évacuations jusqu'au 31 août.

Au lendemain de la double attaque suicide perpétrée à l'aéroport de Kaboul, la lumière se fait peu à peu sur les circonstances de l'attentat, alors que de nombreux pays occidentaux procèdent aux dernières évacuations d'Afghanistan qui, depuis près de deux semaines maintenant, est totalement aux mains des fondamentalistes talibans.

Ces derniers jours, l'aéroport de Kaboul était au centre de toutes les attentions. A ses différentes entrées, des dizaines de milliers de locaux se regroupaient dans l'espoir de monter dans l'un des avions affrétés par les différentes armées occidentales, occupées à faire sortir du pays leurs ressortissants ainsi que leurs proches collaborateurs afghans.

Il s'agit de l'un des attentats les plus meurtriers qu'a connu le pays ces dernières années, très régulièrement visé par ce genre d'attaque. C'est en tout cas le plus sanglant pour les forces américaines depuis 2011. Le 6 août de cette année-là, un hélicoptère Chinook avait été abattu par les talibans dans la province de Wardak, au sud-ouest de Kaboul. Trente militaires américains, sept soldats afghans et un interprète civil avaient été tués dans l'écrasement de l'appareil.

• Un bilan revu à la hausse

Selon un dernier bilan diffusé ce vendredi, l'attaque revendiquée dans la soirée par le groupe jihadiste État islamique a fait 85 morts, dont treize soldats américains, et plusieurs centaines de blessés. "Il y a beaucoup de femmes et d'enfants parmi les victimes. la plupart des gens sont choqués, traumatisés", a déclaré vendredi à l'Agence France-Presse (AFP) un responsable de l'ancien gouvernement renversé à la mi-août par les talibans. Le précédent bilan, donné jeudi soir par le régime taliban, faisait état de 13 à 20 morts et de 52 blessés.

Selon Washington, qui s'attend à ce que les attaques de l'EI "continuent", cet attentat a été mené par deux kamikazes du groupe jihadiste, suivi d'une fusillade. Sous le nom d'EI-K (État islamique Province du Khorasan), l'État islamique a revendiqué certaines des attaques les plus sanglantes commises ces dernières années en Afghanistan, faisant des centaines de morts, en particulier parmi les musulmans chiites.

Même s'il s'agit de deux groupes sunnites radicaux, l'EI et les talibans sont en concurrence et sont animés par une haine tenace et réciproque.

• Condamnations à l'international

Dans un discours solennel tenu dans la soirée de jeudi, le président des États-Unis Joe Biden a promis de "pourchasser" les auteurs et de les faire "payer", et affirmé que "l'Amérique ne se laissera pas intimider". Il a ordonné aux responsables militaires "de développer des plans opérationnels pour frapper les cibles, la hiérarchie et les installations" de l'État islamique en Afghanistan.

Les larmes aux yeux, l'homme fort de la Maison Blanche a rendu hommage aux soldats disparus, "des héros qui étaient engagés dans une mission dangereuse et altruiste pour sauver d'autres vies", a-t-il souligné.

Quelques heures avant cette prise de parole, plusieurs leaders occidentaux avaient également condamné l'attentat. Le président français Emmanuel Macron avait condamné jeudi soir "avec la plus grande fermeté les attaques terroristes, tandis que la chancelière allemande Angela Merkel a dénoncé un attentat "absolument ignoble."

De leur côté, les talibans ont également, par l'intermédiaire de leur porte-parole Zabihullah Mujahid, "fermement condamné" ces "attentats à la bombe", tout en soulignant qu'ils étaient survenus dans une zone placée sous la responsabilité de l'armée américaine.

• Les évacuations se poursuivent

Lors de sa prise de parole, Joe Biden a également signifié que les évacuations d'Afghanistan se poursuivraient malgré l'attentat, tout en confirmant une nouvelle fois la date butoir du 31 août pour le retrait définitif de son pays d'Afghanistan.

Côté français, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Clément Beaune a déclaré ce vendredi que les militaires tricolores pourraient poursuivre les évacuations "au-delà" de vendredi soir malgré le contexte plus qu'incertain.

"Ça peut aller peut-être au-delà de ce soir mais nous devons rester prudents sur ce sujet", a-t-il relevé sur la radio Europe 1.

La France a prévu d'achever son opération vendredi soir, date-butoir "imposée" par les Américains, avait indiqué jeudi le Premier ministre Jean Castex. Pourtant, comme l'a appris BFMTV ce jour de la part de l'État Major des Armées, l'opération devrait se poursuivre "et continuera jusqu’au départ du dernier militaire français de l’aéroport de Kaboul." Depuis l'attentat, "il y a eu deux rotations depuis l’aéroport de Kaboul vers Abou Dhabi. D’autres sont prévues dans les heures qui viennent", indique-t-on encore.

D'autres pays ont pour leur part terminé leurs évacuations. Ainsi, la Suède a affirmé avoir exfiltré plus de 1100 personnes depuis la prise de contrôle de l'Afghanistan par les talibans. Parmi les évacués se trouvaient des employés de l'ambassade et leurs familles, des gardes locaux et leurs familles, des employés des forces armées et 500 Suédois, a précisé la ministre. Le pays a également exfiltré des militants des droits des femmes, des journalistes et des employés européens.

Article original publié sur BFMTV.com

Ce contenu pourrait également vous intéresser :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles