En Afghanistan, l'Aïd el-Fitr ne peut occulter la famine, la misère et la violence

Dimanche 1er mai, l'Afghanistan a célébré l'Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan et qui est, avec l'Aïd el-Adha, la plus importante célébration du calendrier musulman. Pour les talibans, au pouvoir depuis le 15 août 2021 après 20 ans de guerre contre l’ancien gouvernement soutenu par la communauté internationale, c’est tout un symbole. Mais il ne peut cacher la crise humanitaire, économique et sécuritaire que traverse le pays.

De notre correspondante à Kaboul,

Avec cette célébration de l'Aïd el-Fitr dimanche, alors que la plupart des autres pays musulmans ont opté pour lundi, le nouveau régime afghan semble saisir toutes les occasions pour se démarquer du régime précédent. On a pu le constater dimanche encore. L’Afghanistan a célébré le premier jour de l'Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan. L’Afghanistan n’a pas suivi, comme ce fut le cas les années précédentes, l’Arabie saoudite, qui est suivie par plusieurs pays musulmans – comme le Pakistan ou l'Iran voisin – et qui célèbrent cette importante fête religieuse musulmane ce lundi 2 mai. L'Aïd el-Fitr est célébrée si le croissant de lune est observé dans le ciel dans la nuit qui clôt le mois de jeune. Les talibans ont affirmé l’avoir observé, contrairement à leurs voisins.

Certains sont tout de même sceptiques dans le pays et ont préféré d’ailleurs ne pas célébré l'Aïd dimanche et attendre lundi. C est le cas d’une partie de la minorité chiite. Selon un journaliste local, les talibans ont voulu montré qu’ils avaient le monopole des décisions religieuses. L’Émirat islamique d’Afghanistan montre en fait surtout son autorité religieuse et politique.

Crise humanitaire

Une grave crise humanitaire sévit dans le pays. L'ONU estime que 95% de la population ne mange pas à sa faim. La situation est alarmante. Il n’y a jamais eu autant de personnes mendiant dans les rues qu’à ce jour. On voit quotidiennement des distributions de nourriture organisées par des ONG locales, certaines soutenues par les Nations unies. Il y a des longues files d’attente de centaines de personnes qui se forment à travers la capitale devant des hangars où ont lieu des distributions de farine, de haricots secs et d’huile.

Chaque soir, des groupes d’hommes, de femmes et d’enfants patientent devant les boulangeries dans l’espoir de recevoir quelques pains. Les Afghans survivent et peinent à nourrir leurs familles. Ils sont nombreux à survivre en ne s’alimentant plus que de pain de thé car ils n’ont pas d’argent. Il n’y a pas travail, les banques tournent au ralenti, plusieurs ont dû fermer leurs portes.

Insécurité et violence

Huit mois après la prise du pouvoir par les talibans, le bilan économique et sécuritaire est catastrophique. Les investisseurs étrangers ont fui. En effet, comment investir dans un pays visé par des sanctions internationales ? Il y a cinq jours, une dizaine d’experts onusiens indépendants ont appelé le gouvernement américain à débloquer les avoirs étrangers de la Banque centrale afghane, qui s’élèvent à plus de 7 milliards de dollars américain. Les banques peinent à se maintenir. Le chômage a explosé. Peu de personnes ont pu conserver leur emploi. Les fonctionnaires de l’État eux-mêmes quémandent de l’argent lorsqu'ils rencontrent des personnes qui semblent en avoir. Il est difficile de trouver des liquidités, il est impossible de retirer de l’argent en Afghanistan depuis huit mois.

Et le pays n’en a par ailleurs pas fini avec la violence. Les attaques se multiplient contre les forces de sécurité talibanes et contre la minorité chiite hazara. Au cours de ces dernières semaines, plusieurs attaques ont été menées contre des mosquées chiites ou soufies, contre des écoles ou des minibus transportant des civils dans les quartiers de la minorité chiite hazara.

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles