Afghanistan: journalistes et médias sous la pression des talibans

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Des dizaines de journalistes ont été arrêtés selon l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) qui fait savoir que des règles qui rendent impossible tout reportage critique ont été introduites.

Avec notre correspondante à Kaboul, Sonia Ghezali

A Tolonews, les journalistes travaillent avec beaucoup de craintes. La chaine de télévision privée réputée pour sa liberté de ton a dû s’adapter depuis la prise du pouvoir par les talibans.

« Il y a deux jours nous avons reçu une lettre des talibans nous disant que nous ne devions plus utiliser le terme "groupe" lorsqu’on parlait d’eux mais qu’il fallait qu’on dise Emirat islamique, explique Esmatullah Niazee, le manager adjoint. Ils disent aussi qu’on ne doit pas publier des reportages qui puissent affecter le moral des Afghans et des habitants de Kaboul et qu’on ne doit pas encourager les gens à partir du pays. »

Les rares présentatrices qui sont restées n’apparaissent plus en tenue colorée, cheveux apparents, maquillage prononcé à l’antenne. Elles portent désormais des tenues sobres et couvrent complètement leur chevelure.

Amina, 23 ans, a été recrutée il y a deux mois seulement. « C’est très difficile pour moi mais je n’ai pas le choix. Je dois protéger ma famille, il n’y a personne d’autre pour subvenir à nos besoins. Et puis j’ai étudié depuis 16 ans. Je ne veux pas rester à la maison. »

Amina et ses collègues continuent de couvrir les sujets sensibles comme les manifestations de militantes féministes interdites par le nouveau gouvernement et d’autres sujets sensibles. La direction de Tolonews comme beaucoup confie avancer à tâtons alors que plusieurs journalistes ont déjà été molestés et emprisonnés par les talibans.

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