Afghanistan: huit morts dans une attaque visant un gouverneur

Huit personnes sont mortes dans une attaque-suicide visant le gouverneur d'une province afghane lundi, ont déclaré des responsables, alors que le président Ashraf Ghani s'est rendu au Qatar où les pourparlers de paix continuent avec les talibans. 

"Un kamikaze a percuté avec son véhicule rempli d'explosifs le convoi de Rahmatullah Yarmal, le gouverneur de la province de Laghman dans l'Est. Quatre de ses gardes du corps et quatre civils ont été tués, et 28 blessés", a raconté à l'AFP son porte-parole Assadullah Daulatzai.

Si le gouverneur s'en est sorti sain et sauf, la plupart des blessés sont des civils, a précisé M. Daulatzai.

Tareq Arian, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a confirmé ce bilan. 

L'attaque intervient alors que M. Ghani est parti lundi pour le Qatar afin d'y rencontrer des responsables locaux, trois semaines après l'ouverture à Doha de pourparlers de paix historiques entre Kaboul et les talibans.

Le président doit d'abord s'arrêter au Koweït pour offrir ses condoléances suite au décès de l'émir Sheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, a expliqué son porte-parole Sediq Sediqqi.

Les négociations de paix, qui ont débuté le 12 septembre, visent à mettre fin à un conflit déjà vieux de 19 ans, mais ont été ralenties par des désaccords, notamment sur le code de conduite qui encadrera ces discussions.

Les deux partis luttent également pour s'entendre sur des questions fondamentales, comme celle de savoir quelle interprétation de l'Islam doit être suivie pour définir l'avenir de l'Afghanistan.

Les talibans souhaitent adhérer strictement à la jurisprudence du hanafisme, une école islamique sunnite. Mais, selon les négociateurs du gouvernement, cela pourrait être utilisé contre les Hazaras, la plupart des chiites, et d'autres minorités afghanes.

Les deux camps ont aussi du mal à décider de la manière dont l'accord américano-taliban, signé en février, doit influencer le processus.

Ce texte historique entérine le retrait des troupes américaines du pays d'ici mi-2021. 

S'il protège les forces étrangères des talibans, la violence entre les insurgés et troupes afghanes n'a pas diminué depuis sa signature.

L'attaque de Laghman n'a pour l'instant pas été revendiquée, mais les talibans sont actifs dans la région et ont intensifié leurs violences en Afghanistan malgré le processus de paix.

Samedi, au moins quinze personnes ont été tuées dans un attentat à la voiture piégée qui a ciblé un bâtiment administratif dans la province de Nangarhar, voisine du Laghman, selon les autorités.

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