Afghanistan: les Hazaras, une minorité persécutée face à la recrudescence des attaques

L'Afghanistan connaît une recrudescence des attaques depuis quelques semaines. La minorité hazara est particulièrement visée par le groupe État islamique. Dans l'ouest de Kaboul, où vivent une grande majorité des Hazaras, la peur s'est installée.

Avec notre correspondante à Kaboul, Sonia Ghezali

Si la violence a fortement diminué au cours des huit derniers mois après la prise du pouvoir par les talibans en Afghanistan, les attentats contre les nouvelles forces de sécurité et contre la minorité chiite hazara ont augmenté. Cette population est considérée comme hérétique par la branche afghane du groupe État islamique, qui a revendiqué plusieurs attaques récentes visant des mosquées chiites ou soufies, mais aussi des écoles.

À Dasht-e-Barchi, quartier hazara de Kaboul, les habitudes ont changé pour beaucoup d'habitants. Zahra Sadat, ancienne entrepreneuse, a été touchée directement par l’attaque perpétrée contre l'école pour garçons Abdul Rahim Shaheed, le 19 avril dernier. « Mon oncle enseigne la-bas. Il a été blessé ce jour-là. Depuis, mes neveux ne veulent plus aller à l’école, raconte-t-elle. L’un d’eux, qui est en 6e, refuse de retourner au collège. Quand on essaie de le pousser, il nous dit : "À quoi bon, il y aura une explosion à un moment donné, tout fini comme ça ici." »

« Nous avons peur à chaque instant »

Sans revenu depuis l‘arrivée des talibans, Zahra emprunte les transports les moins chers de la ville, des minibus dont le coût du trajet est de dix afghanis, soit 10 centimes d’euros. L’un d’eux a été visé il y a quatre jours dans son quartier. « Une de mes collègues a été blessée dans l'explosion, une autre a complètement disparu, ils n’ont pas pu retrouver un seul morceau de son corps. Ces jours-ci, nous avons peur de sortir, nous avons peur à chaque instant », témoigne-t-elle.

Cette dernière attaque a été revendiquée par le groupe État islamique. Mais les menaces ne viennent pas que de ce groupe terroriste, nous dit Zahra, qui confie que sa vie a changé.

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