Afghanistan: Florence Parly annonce la mise en place d'un pont aérien entre Kaboul et les Émirats

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Florence Parly.  - Thomas Samson - AFP
Florence Parly. - Thomas Samson - AFP

La ministre des Armées était l'invitée de RTL ce mardi matin au lendemain de l'intervention présidentielle consacrée à la crise en Afghanistan, où les talibans ont repris le pouvoir. Florence Parly s'est félicitée de l'établissement d'un pont aérien entre le dispositif interarmées français déployé aux Emirats Arabes Unis et l'aéroport de Kaboul.

"Pendant la nuit, les vols ont pu reprendre ce qui nous a permis de faire atterrir notre premier avion de transport militaire. Il a pu repartir vers Abou Dhabi où il est arrivé en fin de nuit. Cette première rotation a jeté les bases d’un pont aérien qui va multiplier les rotations dans les heures et jours qui viennent", a assuré la ministre.

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D'après elle, le nombre de ressortissants français à évacuer est de toute façon très limité. "On parle de plusieurs dizaines de ressortissants français. La France n’a pas attendu l’effondrement du régime de Kaboul pour prendre des dispositions. Nous avons exhorté les Français à quitter l’Afghanistan dès avril, et un avion a été affrété en juillet", a-t-elle précisé.

"Destin lié"

Mais la question des évacuations touche aussi à un chapitre plus sensible: celui de l'accueil éventuel de réfugiés afghans sur le sol français. Et il s'agit à l'évidence une ligne de crête étroite, voire minée, pour l'exécutif. Tandis que depuis la veille, les images d'Afghans cherchant à fuir leur pays retourné aux mains des talibans depuis l'aéroport de Kaboul, se succèdent, la ministre des Armées a été poussée ce mardi matin à s'emparer de la question de l'accueil éventuel de ces réfugiés.

"Nous n’avons pas attendu pour prendre des initiatives. Plusieurs centaines d’entre eux ont été rapatriés au cours des dernières années", a-t-elle ainsi répondu.

La ministre évoque ici les Afghans ayant servi d'auxiliaires à la France sur le terrain au temps où les troupes françaises étaient déployées sur place aux côtés, notamment, des Américains.

"Les Afghans qui ont travaillé pour l’armée français sont des personnes avec lesquelles la France estime avoir destin lié", a-t-elle assuré.

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Florence Parly a semblé passer sous silence, en revanche, le cas des civils afghans. "Plus de 200 personnes ont été accueillies sur le territoire français depuis 2018", a-t-elle toutefois précisé, après avoir expliqué que c'était à partir de 2018 que "le président a(vait) voulu qu’on réexamine les situations pour s’assurer qu’on ne passait pas à côté de situations humanitaires difficiles".

Les 200 personnes évoquées par la ministre forment d'ailleurs un contingent encore inférieur à celui cité, lors de son allocution de lundi soir, par Emmanuel Macron. "C’est notre devoir et notre dignité de protéger ceux qui nous aident: interprètes, chauffeurs, cuisiniers et tant d’autres. Près de 800 personnes sont d’ores et déjà sur le sol français", a énuméré le chef de l'Etat.

L'accès à l'aéroport entravé

Florence Parly a en tout cas affirmé que les opérations d''évacuation d'Afghans en contact avec les militaires français allaient se poursuivre, se défendant de refuser des visas.

"Nous avons réexaminé de nombreuses situations. (...) Nous mettons en place les conditions permettant d’évacuer ces personnes et leurs familles", a-t-elle martelé.

Elle a de surcroît mis en avant une "difficulté logistique" entravant ces exfiltrations: "C’est aujourd’hui un défi de permettre à ces personnes de rallier l'aéroport de Kaboul qui est dans une situation très chaotique, et dont les accès sont contrôlés par les talibans. Ils ont installé des check-points tout autour de l’aéroport."

Et, parfois, c'est le coeur qui manque aux Afghans à l'heure de partir, a-t-elle encore argué: "Tous n’ont pas souhaité quitter leur pays par le passé".

Article original publié sur BFMTV.com

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