Afghanistan: explosions meurtrières à proximité de l'aéroport de Kaboul

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Des attentats ont eu lieu ce jeudi près de l'aéroport de Kaboul, faisant des morts et des blessés. Treize militaires américains ont perdu la vie, et 18 autres ont été blessés dans cette attaque revendiquée par l'État islamique. Notre envoyé spécial à Kaboul était à 200 mètres de la déflagration principale.

Le Pentagone et d’autres sources expliquent qu’il s’agit d’une attaque « complexe ». Dans un communiqué diffusé par son agence de propagande Amaq, l’organisation État islamique se targue qu’un de ses combattants ait pu approché à moins de « cinq mètres de militaires américains » avant de déclencher sa ceinture explosive.

« Deux jihadistes considérés comme appartenant à l’EI se sont fait sauter à Abbey Gate, suivis par des jihadistes de l’EI armés qui ont fait feu sur les civils et les militaires », a pour sa part déclaré le général Kenneth McKenzie, chef du commandement central américain en charge de l’Afghanistan.

Treize militaires américains ont perdu la vie, et 18 autres ont été blessés. Le principal porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a assuré sur Twitter « fermement condamner » ces attaques.

Notre envoyé spécial à Kaboul, Vincent Souriau, qui était à 200 mètres de la déflagration principale, a parlé d'une deuxième explosion. Selon le Pentagone, « au moins une autre explosion s'est produite à (ou près de) l'hôtel Baron, qui se trouve à proximité d'Abbey Gate ».

Témoignage

Sur place, disposant d'un titre de séjour français, un homme que Sonia Ghezali, correspondante de RFI en Afghanistan ces cinq dernières années, a pu joindre, explique qu'il tentait depuis plusieurs jours d’entrer dans l’aéroport pour pouvoir partir en France. Il était à la porte est de l'aéroport depuis 10 heures, ce jeudi matin.

Aux alentours de 18 heures, heure de Kaboul, après avoir vu des hommes passer par cette entrée, il confie qu'il a tendu son titre de séjour français en leur disant qu’il était résident en France. Ces hommes ont fait demi-tour, et quinze minutes plus tard, il se souvient avoir entendu retentir une énorme déflagration.

« J’étais à 20 mètres de l’explosion », nous a-t-il dit, encore sous le choc, avec le souffle court. « Je vois des femmes, des enfants blessés tout autour de moi », a-t-il ajouté. « Ils sont blessés à la tête, aux jambes. C’est le chaos, le chaos total. »

Alertes sur un risque d'attentat

L'ambassadeur français en Afghanistan, David Martinon, a précisé qu'aucun soldat, policier ou diplomate français n'était présent au moment de la déflagration à l'Abbey Gate de l'aéroport de Kaboul.

Depuis mercredi soir, les chancelleries occidentales, qui ont pris leurs quartiers au sein de l’aéroport militaire de Kaboul, il y a quelques jours, avaient fait savoir qu’il y avait un risque d’attentat très élevé en provenance du groupe État islamique.

Une autre explosion a secoué la capitale afghane vers minuit, heure locale, mais le porte-parole du régime taliban, Zabihullah Mujahid, a déclaré qu'elle serait due à des destructions d’équipements par l’armée américaine à l’aéroport. Cette dernière n’a pas encore confirmé.

Selon notre envoyé spécial sur place, la question qui se pose désormais est la raison de cette attaque : « Sans doute pour démontrer que la sécurité des talibans n’est pas à la hauteur et qu’ils ne sont pas capables de gérer un État comme ils le prétendent », analyse Vincent Souriau.

Des milliers de personnes se pressent chaque jour aux portes de l’aéroport militaire depuis la chute de Kaboul, dimanche dernier. Elles espèrent être évacuées. Et malgré les mises en garde sécuritaires de mercredi, elles étaient encore des milliers jeudi à tenter leur chance, désespérées, car les évacuations devaient s’arrêter ce jeudi soir à minuit, comme cela avait été convenu entre les talibans et les Américains.

Plus de 100 000 personnes auraient été évacuées d'Afghanistan depuis le 14 août, selon la Maison Blanche.

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