En Afghanistan, les droits des femmes sont en train de disparaître selon Amnesty international

Members of Afghanistan’s Powerful Women Movement, take part in a protest in Kabul on May 10, 2022. About a dozen women chanting « burqa is not my hijab » protested in the Afghan capital on May 10 against the Taliban’s order for women to cover fully in public, including their faces.
WAKIL KOHSAR / AFP Members of Afghanistan’s Powerful Women Movement, take part in a protest in Kabul on May 10, 2022. About a dozen women chanting « burqa is not my hijab » protested in the Afghan capital on May 10 against the Taliban’s order for women to cover fully in public, including their faces.

WAKIL KOHSAR / AFP

Des femmes afghanes protestent à Kaboul contre le port de la burka.

AFGHANISTAN - « La mort au ralenti. » Pour trouver un nom si équivoque à son rapport sur la condition des femmes et des filles en Afghanistan, Amnesty international pouvait difficilement faire mieux. Rendu public hier, cette étude a été conduite entre septembre 2021 et juin 2022. Les experts sur places se sont basés sur 101 témoignages de femmes afghanes âgées de 14 à 74 ans, collectés dans 20 des 34 provinces du pays. Le bilan est formel : un an après la prise de pouvoir des talibans, les droits des femmes sont proches de l’anéantissement.

En août 2021, les talibans juraient avoir changé, notamment sur la condition de la femme. Aujourd’hui, ils ont pourtant violé des droits fondamentaux tels que l’éducation, le droit au travail et à la liberté de mouvement. Les femmes sont soumises à de fortes discriminations et restrictions dans toutes les sphères si bien que l’ONG n’hésite pas à parler de « répression suffocante qui prive des millions de femmes et de jeunes filles de leur droit de mener une vie libre et épanouissante en sécurité. »

Ces violations ne prennent pas la forme d’interdiction pure et dure de travailler ou d’aller à l’école, même si beaucoup de femmes et de filles en sont privées. Celles qui y ont droit se retrouvent fortement entravées dans leur progression et leur épanouissement en raison du harcèlement et des mesures discriminatoires prises à leur encontre.

L’ONG alerte aussi sur la forte hausse depuis 12 mois de mariages d’enfants, mariages précoces et mariages forcés. Qui plus est, les talibans ont complètement décimé le système de protection et de soutien face aux violences domestiques.

Les manifestations fortement réprimées

En clair, le régime veut contrôler les femmes. Leurs comportements, leurs vêtements, leurs déplacements. Elles sont arrêtées arbitrairement pour des motifs mineurs de violation de loi discriminatoire. Selon le média NEON, elles sont incarcérées pour un motif très flou de « corruption morale ».

Les femmes ont bien tenté de manifester pour faire valoir leurs droits. Les Talibans ont répondu par la violence. Certaines ont été arrêtées, détenues et soumises à des violences physiques et psychologiques. Selon Amnesty international, elles ont signé des déclarations les obligeant à taire les faits de torture et à garantir l’arrêt des manifestations pour se libérer.

Face à une telle répression, que faire ? L’ONG invite la communauté internationale à agir fermement. Elle plaide pour des sanctions ciblées, des interdictions de voyager ou à obliger le régime taliban à rendre des comptes concernant le viol des droits fondamentaux. Cela passerait par l’intermédiaire d’une résolution des Nations Unies.

Dans son rapport, Amnesty s’est aussi adressé directement au régime taliban, lui demandant d’adopter des profonds changements politiques notamment sur les droits des filles et des femmes.

Pour voir le rapport en entier, cliquez ici.

À voir également sur le HuffPost : En Afghanistan, des femmes aspergées de gaz poivré pour avoir manifesté

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