Afghanistan: Le Drian affirme que "reconnaître le régime des talibans n'est pas d'actualité"

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Jean-Yves Le Drian sur BFMTV ce mercredi soir. - BFMTV
Jean-Yves Le Drian sur BFMTV ce mercredi soir. - BFMTV

La France va-t-elle reconnaître le régime des talibans, qui ont pris le pouvoir dimanche en Afghanistan? "La question n'est pas d'actualité", a répondu, ce mercredi soir, Jean-Yves Le Drian, sur le plateau de BFMTV.

"Quand on prend le pouvoir par le force, on n’est pas légitime. On connaît l’histoire des talibans, ce qu'ils ont fait dans le passé, les actes de violence que certains d'entre eux viennent de commettre. Ils font preuve de beaucoup d’efforts pour avoir une reconnaissance internationale. Mais il ne suffit pas de faire des déclarations. Il faut encore des actes", a poursuivi le ministre des Affaires étrangères.

Le locataire du quai d'Orsay a, ensuite, détaillé ces gages: permettre la sortie des Afghans qui veulent quitter le pays, faire en sorte que le terrorisme ne se sanctuarise pas dans leur pays, accepter que l’aide humanitaire parvienne aux Afghans, respecter le droit des femmes et constituer un gouvernement de transition. "Il faut qu’ils posent ces actes et ils ne sont pas posés à cette heure", a-t-il ajouté, avant de marteler: "Nous avons appris à être très réservés sur les engagements des talibans."

Un gouvernement de transition "inclusif"

Pour Jean-Yves Le Drian, "il faut aboutir à une situation de pacification le plus vite possible", mais cela ne sera possible que lorsque les talibans poseront "des actes qui conviennent". "S’ils ne donnent pas des gages ils seront les parias de la communauté internationale, a-t-il estimé.

Mardi soir, sur Franceinfo, le ministre des Affaires étrangères avait déjà dit attendre des talibans qu'ils forment un gouvernement de transition, précisant qu'il fallait qu'il soit "inclusif". L'emploie de ce mot avait été raillé par une grande partie de l'opposition, majoritairement à droite.

Le septuagénaire a expliqué, sur notre antenne, que par le terme "inclusif" il voulait signifier que les talibans devaient intégrer "l'ensemble des forces politiques afghanes", "ce qui n'est pas le cas et aujourd'hui". "Les engagements des talibans sont souvent verbaux et pas respectés. Il importe qu'ils soient posés", a-t-il encore une fois estimé.

Trois opérations d'exfiltration

Selon le ministre des Affaires étrangères, la question de la reconnaissance "ne se pose pas aujourd'hui": "La question principale pour notre pays est de mettre en sécurité nos compatriotes, les Afghans qui nous ont aidé, (...) et de faire en sorte que les Afghans qui se sont engagés pour la défense du droit, qui sont menacés, puissent être accueillis en France. L’ambassadeur mène cette action de manière très courageuse."

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Après l'arrivée, mardi, de 45 personnes d'Afghanistan en France, il a confirmé que 220 réfugiés, dont une grande majorité d'Afghans qui se sont engagés pour la France, ont été exfiltrés ces dernières heures. Un troisième contingent composé de 120 exfiltrés, "essentiellement des Afghans", est parti de Kaboul et doit arriver à Abou Dabi.

Article original publié sur BFMTV.com

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