Afghanistan: Boris Johnson accusé d'avoir ordonné le rapatriement d'animaux à la place d'Afghans

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Photo fournie par le Parlement britannique montrant le Premier ministre Boris Johnson à la Chambre des Communes, à Londres le 12 janvier 2022 - JESSICA TAYLOR © 2019 AFP
Photo fournie par le Parlement britannique montrant le Premier ministre Boris Johnson à la Chambre des Communes, à Londres le 12 janvier 2022 - JESSICA TAYLOR © 2019 AFP

Boris Johnson une nouvelle fois fragilisé. Outre ses déboires concernant les supposées fêtes auxquelles il aurait participé alors qu'il avait imposé un confinement strict outre-Manche en raison du Covid-19 courant 2020, le Premier ministre britannique est cette fois-ci épinglé pour sa gestion de la crise afghane.

Afin de comprendre la situation, il convient de remonter à Août 2021, période durant laquelle les Talibans avaient repris le pouvoir en Afghanistan et où les puissances occidentales rapatriaient le personnel diplomatique de leurs ambassades et ressortissants présents à Kaboul ainsi que des ressortissants afghans qui avaient collaboré avec leurs services après la guerre de 2001.

Le mail qui trahit Johnson

Or, si la Grande-Bretagne a bel et bien organisé des ponts aériens, Sky dévoile ce mercredi que Boris Johnson aurait personnellement autorisé le sauvetage d'animaux d'une association nommée Nowzad, dirigée par un ex-Royal Marine, Paul "Pen" Farthing, alors même que certains employés afghans de cette dernière n'avaient pu embarquer, faute de place et malgré l'obtention d'un visa.

Cette accusation avait initialement été faite par un certain Raphael Marshall, un agent de bureau au ministère des Affaires étrangères, qui soulignait que le ministère avait reçu comme ordre direct de Boris Johnson d'utiliser une "capacité considérable" pour aider ces animaux.

Selon le média britannique, la commission spéciale des affaires étrangères, qui a comme charge d'enquêter sur la gestion de cette crise afghane par le gouvernement, vient de publier des mails qui corroborent ette hypothèse.

Dans l'un de ces messages, un fonctionnaire travaillant pour le ministre des Affaires étrangères, Lord Goldsmith, aurait tenté de joindre par mail sa hiérarchie afin de défendre l'éventuelle évacuation d'une autre association caritative afghane.

"L'association caritative équivalente Nowzad, dirigée par un ex-Royal Marine, a reçu beaucoup de publicité et le Premier ministre vient d'autoriser l'évacuation de son personnel et de ses animaux, (cette association, dont le nom a supprimé dans le mail, ndlr) espère être traités au même titre", peut-on lire dans cet échange, un mail qui trahit l'influence de Johnson et donne du corps à l'hypothèse de l'évacuation prioritaire d'animaux.

"Non-sens complet"

L'affaire n'est pas nouvelle et déjà, en décembre dernier, le Premier ministre avait été interrogé à ce sujet. Face aux accusations, il avait qualifié de "non-sens complet" l'hypothèse selon laquelle il aurait favorisé l'évacuation d'animaux par rapport aux humains.

"Ce que je peux vous dire, c'est que l'opération Pitting, pour transporter par avion 15.000 personnes hors de Kaboul comme nous l'avons fait cet été, a été l'une des réalisations militaires les plus remarquables des 50 dernières années ou plus ", s'était-il ensuite borné à répéter.

Pourtant, dès août, la polémique enflait à ce sujet. Secrétaire d'État à la Défense, Ben Wallace avait assuré qu'il n'allait pas "donner la priorité aux animaux sur les hommes, femmes et enfants désespérés qui frappent à la porte".

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Le ministre "doit démissionner", s'était alors indigné dans la foulée un militant du droit des animaux Dominic Dyer. Peu après, ce dernier se réjouissait dans un tweet de l'assouplissement de la position du ministre, affirmant déjà qu'il était dû à l'intervention du Premier ministre Boris Johnson.

Interrogé quant à ces nouvelles accusations, le porte-parole Boris Johnson a laconiquement répondu auprès de Sky que "le Premier ministre n'a pas ordonné aux responsables de prendre une ligne de conduite particulière."

De leur côté, les membres afghans de l'association avaient finalement pu être rapatriés via un avion, financé directement par Paul "Pen" Farthing.

Article original publié sur BFMTV.com

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