Les USA débuteront le 1er mai leur retrait d'Afghanistan, dit Biden

par Phil Stewart et Steve Holland
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LES USA DÉBUTERONT LE 1ER MAI LEUR RETRAIT D'AFGHANISTAN, DIT BIDEN

par Phil Stewart et Steve Holland

WASHINGTON (Reuters) - Le président américain Joe Biden a déclaré mercredi que les troupes américaines débuteraient le 1er mai leur retrait définitif d'Afghanistan, qui sera finalisé d'ici le 11 septembre prochain, pour mettre fin à la plus longue guerre de l'Amérique, en dépit de voix alertant que la paix n'était pas garantie.

S'exprimant lors d'un discours depuis la Maison blanche, Joe Biden a fixé l'objectif de ramener "à la maison" au plus tard le 11 septembre la totalité des 2.500 soldats américains encore déployés en Afghanistan.

"Les Etats-Unis vont débuter leur retrait final (...) le 1er mai de cette année. Nous n'allons pas effectuer une sortie précipitée. Nous allons le faire de manière responsable, délibérée et sécuritaire, et nous le ferons en totale coordination avec nos alliés et partenaires, lesquels ont désormais plus de soldats que nous en Afghanistan", a-t-il dit.

Le locataire démocrate de la Maison blanche a indiqué s'être entretenu avec l'un de ses prédécesseurs, le républicain George W. Bush, qui était en fonction au moment des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ayant débouché sur le lancement d'une intervention américaine en Afghanistan.

En se retirant d'Afghanistan sans une claire victoire face aux insurgés taliban, les Etats-Unis sont susceptibles d'être critiqués pour cette décision vue par certains comme un aveu d'échec.

Dans un communiqué, la Maison blanche a rapporté que Joe Biden s'était entretenu avec son homologue afghan Ashraf Ghani, promettant de maintenir un solide partenariat bilatéral après le retrait américain et de continuer à soutenir l'Afghanistan en matière de sécurité.

Ashraf Ghani a déclaré qu'il respectait la décision de Washington et que son pays allait travailler avec les Etats-Unis pour "garantir une transition en douceur". Il a ajouté sur Twitter que les efforts de paix se poursuivraient.

"JE NE TRANSMETTRAI PAS CETTE RESPONSABILITÉ"

"Je suis le quatrième président américain en fonction pendant la présence de troupes américaines en Afghanistan. Deux républicains, deux démocrates. Je ne transmettrai pas cette responsabilité à un cinquième", a déclaré Joe Biden durant son discours.

"Il est temps de mettre fin à la plus longue guerre de l'Amérique. Il est temps que les soldats américains rentrent à la maison", a-t-il poursuivi.

La décision de retirer les quelque 2.500 hommes encore déployés dans le pays d'ici au 11 septembre avait été divulguée dès mardi par l'administration américaine.

Cette date butoir fixée par Joe Biden coïncide avec le vingtième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 sur le sol américain, à la suite desquels les Etats-Unis ont envoyé des troupes dans le pays pour mettre fin au régime alors dirigé par les Taliban, accusé d'héberger et de protéger Al Qaïda.

En déplacement à Bruxelles, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a déclaré mercredi que le moment était venu aussi pour les autres forces de l'Otan, au nombre d'environ 7.000 hommes, de se retirer d'Afghanistan.

Dans un communiqué, l'Otan a fait savoir que ses membres étaient convenus de débuter le 1er mai le retrait des troupes d'Afghanistan, et que ce processus prendrait plusieurs mois.

Le prédécesseur de Joe Biden, Donald Trump, avait promis en février 2020 dans le cadre d'un accord avec les Taliban que les Etats-Unis finaliseraient leur retrait d'Afghanistan au plus tard le 1er mai 2021, une promesse qui ne sera donc pas tenue. Les insurgés islamistes ont menacé le mois dernier de reprendre les hostilités si cet horizon n'était pas respecté.

La Russie a estimé mercredi que la décision américaine portait un risque d'escalade militaire sur le terrain.

Le contingent américain en Afghanistan est actuellement réduit à 2.500 hommes, après un pic de plus de 100.000 hommes atteint en 2011. Environ 2.400 soldats américains ont été tués dans le conflit et des milliers d'autres ont été blessés.

(avec Robin Emmott à Bruxelles, Hmaid Shalizi à Kaboul; version française Jean-Stéphane Brosse et Jean Terzian)