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Afghanistan: attentat-suicide de l'EI à Kandahar, au moins 3 morts

Un membre des forces de sécurité contrôle un véhicule près du site d'un attentat suicide à Kandahar, le 21 mars 2024 en Afghanistan (Sanaullah SEIAM)
Un membre des forces de sécurité contrôle un véhicule près du site d'un attentat suicide à Kandahar, le 21 mars 2024 en Afghanistan (Sanaullah SEIAM)

Un attentat-suicide revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) dans la ville afghane de Kandahar a fait trois morts jeudi, selon les autorités talibanes, tandis qu'une source hospitalière évoquait un bilan plus lourd de vingt tués.

L'attentat a eu lieu dans la matinée devant une banque de la grande ville du sud de l'Afghanistan, fief des talibans.

"Ce matin, un attentat-suicide a eu lieu devant la Nouvelle Banque de Kaboul, trois personnes ont été tuées et douze blessées", a annoncé à l'AFP Inamullah Samangani, directeur du département de l'Information et de la Culture de la province de Kandahar.

Les autorités talibanes avaient rapidement accusé l'EI d'être à l'origine de l'attentat, qui a ensuite été revendiqué par la formation jihadiste.

Un combattant de l'EI "a déclenché sa ceinture explosive" près d'un "rassemblement de la milice talibane" à proximité d'une banque à Kandahar, a indiqué l'agence de presse de l'EI, Amaq, sur son compte Telegram.

Le porte-parole du ministère afghan de l'Intérieur, Abdul Mateen Qani, a déclaré à l'AFP que l'enquête était en cours et que "les criminels seront identifiés (...) et punis pour leurs méfaits".

Une source hospitalière a fait état en soirée auprès de l'AFP d'un bilan bien plus lourd.

"L'hôpital de Mirwais a reçu vingt tués ce matin après l'explosion", a annoncé cette source ayant requis l'anonymat.

"Les victimes sont des civils", avait précisé en matinée M. Samangani, ajoutant que l'attentat avait visé des personnes venues chercher leur salaire dans cet établissement.

L'émir Hibatullah Akhundzada, le chef suprême des talibans, vit reclus à Kandahar, tandis que le gouvernement est installé à Kaboul.

L'attentat a eu lieu à 08H00 locales (03H30 GMT) dans le centre de la ville, alors que le pays musulman observe le mois de jeûne du ramadan.

Une des victimes, Khalil Ahmad, un homme d'une quarantaine d'années qui avait huit enfants, s'était rendu à la banque pour obtenir son salaire, a raconté son neveu à ses funérailles jeudi soir.

"C'était un gars ordinaire, il travaillait habituellement comme peintre", a dit celui-ci, Mohammad Shafiq Saraaj, alors que la famille se rassemblait autour de la dépouille enveloppée dans un linceul blanc.

"Ce genre de choses survenait sous le gouvernement précédent... et maintenant cela arrive aussi", a-t-il ajouté.

"Nous demandons que la sécurité soit assurée comme il faut dans le pays, en particulier là où il y a foule, et que notre nation soit préservée de ce genre de tragédies", a-t-il encore dit.

- Toujours une menace -

Après l'explosion, les autorités talibanes ont rapidement bouclé la zone et interdit aux journalistes de s'approcher, comme elles le font habituellement en cas d'attentat.

Un journaliste de l'AFP a vu sur place les corps de victimes, qui semblaient inconscientes ou décédées, emportés dans des ambulances.

Les autorités talibanes annoncent généralement des bilans humains plus faibles que les hôpitaux.

M. Samangani, qui se trouvait dans l'un des hôpitaux ayant reçu des victimes, a nié qu'il y ait un urgent besoin de sang, contrairement à ce qu'affirmaient des messages sur les réseaux sociaux.

"Ce problème ne se pose pas. Les blessés ne le sont pas grièvement", a-t-il assuré dans un message à la presse.

Des hôpitaux de Kandahar ont expliqué avoir reçu l'ordre de ne pas parler aux médias.

Des personnels de sécurité et des pompiers ont rapidement déblayé la zone de l'attentat où des traces de sang, des vêtements, des chaussures et des débris étaient visibles.

Le nombre d'attentats à la bombe et d'attentats-suicides en Afghanistan a considérablement diminué depuis que les talibans ont repris le pouvoir en août 2021 et qu'une sécurité relative prévaut.

Cependant, un certain nombre de groupes armés, tels l'EI, constituent toujours une menace.

L'EI prend surtout pour cible en Afghanistan des membres de la minorité chiite hazara.

De nombreuses explosions ont été rapportées en Afghanistan depuis le début du ramadan, il y a deux semaines. Mais très peu ont été confirmées par les autorités talibanes.

bur-sw-pt/lpt/mm/fjb