Affaire Weinstein: l'annonce de la peine de l'ex-producteur repoussée au 23 février

Harvey Weinstein le 4 octobre 2022 à Los Angeles.  - Etienne Laurent
Harvey Weinstein le 4 octobre 2022 à Los Angeles. - Etienne Laurent

L'ex-producteur déchu d'Hollywood Harvey Weinstein sera fixé le 23 février à Los Angeles sur la peine découlant de son second procès pour viol, qui risque de compromettre ses espoirs de retrouver un jour la liberté. L'annonce était initiallement prévue ce lundi.

L'ancien "roi" du cinéma de 70 ans a été reconnu coupable, en décembre dans la mégalopole de Californie, d'un viol et de deux agressions sexuelles, et encourt jusqu'à 18 ans de prison supplémentaires pour ces crimes.

En 2020, il avait déjà écopé de 23 ans de réclusion pour des faits similaires lors d'un procès à New York. Après avoir essuyé plusieurs refus, il a toutefois obtenu en août l'autorisation de faire appel de cette condamnation.

Clamant son "innocence", il a déjà annoncé son intention de faire appel du verdict de Los Angeles.

Accusé par 90 femmes

Harvey Weinstein, qui a produit des films primés comme "Pulp Fiction" ou "The Artist", est tombé de son piédestal après des enquêtes de presse en 2017 qui l'ont accusé de se conduire en "prédateur" sexuel à Hollywood.

Ces révélations avaient lancé #MeToo, mouvement mondial de libération de la parole des femmes sur les violences sexistes et sexuelles.

Au total, près de 90 femmes, dont les actrices Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow et Rosanna Arquette, l'ont accusé de harcèlement, d'agressions sexuelles ou de viols. Mais le délai de prescription a été dépassé dans nombre de ces affaires, certaines remontant à 1977.

L'affaire jugée en Californie concernait quatre femmes, dont Jennifer Siebel-Newsom, l'épouse du gouverneur de Californie Gavin Newsom.

Un "ogre" à la "mainmise sur Hollywood"

Pendant quatre semaines d'audiences, elles ont accusé avec force détails le producteur de les avoir contraintes à des relations sexuelles dans des hôtels de Beverly Hills et de Los Angeles entre 2004 et 2013.

L'accusation a dépeint Harvey Weinstein comme un ogre dont la mainmise sur Hollywood - les films qu'il a produits ont reçu plus de 330 nominations aux Oscars et 81 statuettes - a longtemps empêché ses victimes de parler, par peur de répercussions sur leur carrière.

La défense a nié toute contrainte, assurant qu'il s'agissait de relations consenties et à bénéfice mutuel, tout en insistant sur le manque de preuves matérielles.

Après deux semaines de délibérations, les jurés ont rendu un verdict mitigé: ils ont reconnu Harvey Weinstein coupable de viol et d'agression sexuelle sur l'une des plaignantes, l'ont acquitté au sujet d'une autre et se sont divisés pour les deux dernières, dont Jennifer Siebel-Newson.

L'ex-producteur est également inculpé au Royaume-Uni pour des agressions sexuelles qui remonteraient à 1996.

Article original publié sur BFMTV.com