Affaire Tshimanga : le conseiller spécial du président pris la main dans le sac en RDC

C’est un scandale qui fait la une en République démocratique du Congo (RDC) : le conseiller spécial du président congolais Félix Tshisekedi chargé des questions stratégiques, Vidiyé Tshimanga, est dans une position bien inconfortable depuis qu’il a été “piégé” lors d’une entrevue avec caméra cachée par des journalistes suisses du quotidien Le Temps.

Ces journalistes se sont fait passer pour des investisseurs potentiels dans le marché minier. Et on y voit Vidiyé Tshimanga leur expliquer par le menu comment obtenir de très juteuses licences d’exploitations minières en évitant toutes sortes de tracasseries et affirmer au passage le montant de sa commission : 20 %.

Depuis la publication de cette vidéo, le conseiller spécial du président a démissionné. Qui plus est : “Tshimanga convoqué par la justice, s’exclame le site d’information congolais Cas-Info. Quarante-huit heures après sa démission de son poste de conseiller spécial du chef de l’État, il doit se présenter ce mercredi au parquet général auprès la cour d’appel de Kinshasa/Gombe.” L’objet de cette convocation n’a pas été révélé, mais on se doute bien qu’elle est directement liée à cette affaire de corruption.

Tolérance zéro !

Plusieurs associations de lutte contre la corruption ou de défense des droits de l’homme sont montées au créneau : notamment l’Acaj, rapporte le site Actualités CD, l’Association congolaise pour l’accès à la justice, qui soutient que “loin d’être un fait anodin, les propos imputés à Vidiyé Tshimanga dans les vidéos qui circulent sont susceptibles de revêtir un caractère pénal”.

L’Acaj appelle le directeur de cabinet du président à “mettre en place une politique de tolérance zéro en vue d’éliminer toutes les brebis galeuses qui seraient encore tapies dans les couloirs de la présidence de la République et useraient de leur position pour exercer pression et/ou trafic d’influence pour satisfaire leurs intérêts égoïstes”.

Seul responsable ?

D’ores et déjà, plusieurs membres de la majorité présidentielle ont pris les devants, notamment Harold Badibanga, haut cadre du Congrès national congolais, cité par Cas-Info : ‘La responsabilité de l’ex-conseiller spécial du chef de l’État en matière stratégique est individuelle’, affirme-t-il. ‘Quand les détracteurs du président Félix Tshisekedi disent qu’il a été mandaté par le chef de l’État dans ses magouilles, cela relève de l’escroquerie et du mensonge reconnu à quiconque veut dribbler ses adversaires.’

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