Affaire Takieddine: notre colère, nos réponses

·2 min de lecture

L'éditorial d'Hervé Gattegno, directeur général de la rédaction de Paris Match.

Quel crime avons-nous bien pu commettre pour être traités de la sorte ? La semaine dernière, un journaliste de notre rédaction, François de Labarre, a vu surgir chez lui à l’aube une escouade de policiers sous la conduite de deux juges – on voudrait en rire : l’un d’eux portait un gilet pare-balles. Ils ont fouillé son appartement devant son fi ls de 8 ans, l’ont emmené, placé en garde à vue jusqu’au soir, assailli de questions. Il est ressorti libre, c’était bien le moins ; mais voilà notre journal flétri par le soupçon. L’enquête est ouverte pour « subornation de témoin » et « association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie en bande organisée », excusez du peu. Et les investigations, nous prévient-on, ne font que commencer. Paris Match n’est l’objet d’aucune poursuite « à ce stade », indiquent certains confrères empressés. Diable. Le motif, le voici : une interview publiée en novembre 2020 qui a fait bondir le très susceptible Parquet national financier. L’homme d’affaires Ziad Takieddine, que notre reportage débusquait à Beyrouth (où il a fui sans encombre pour échapper à la prison), y rétractait l’accusation la plus lourde portée contre Nicolas Sarkozy dans l’abracadabrantesque affaire dite du « financement libyen » : après s’être longtemps présenté comme le porteur de valises, Takieddine affirmait n’avoir rien porté du tout – il l’a d’ailleurs répété le même jour dans une vidéo diffusée par BFMTV, puis confi rmé et même plus dans un document tamponné devant notaire un mois plus tard.

Lire aussi :Exclusif : l’insaisissable Ziad Takieddine

On comprend que les juges aient vu rouge : contrairement à nous, voilà des années qu’ils se fondent sur les propos dudit intermédiaire, expert en virements et(...)


Lire la suite sur Paris Match

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles