Affaire #sciencesporcs: enquête ouverte pour viol à Toulouse

Jules Pecnard avec AFP
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La façade de Sciences Po Paris - Franck Fife
La façade de Sciences Po Paris - Franck Fife

La pression subie par les directions des Instituts d'études politiques est de plus en plus forte. Depuis le 5 février, les témoignages d'étudiantes en IEP disant avoir subi ou avoir eu connaissance d'agressions sexuelles ou de viols dans le cadre de leur scolarité affluent. Sur Twitter et Instagram, le hashtag #sciencesporcs est l'un des plus relayés.

Ce mot-clé s'inspire de #balancetonporc, lancé en octobre 2017 après la mise en cause du producteur américain Harvey Weinstein, accusé de multiples viols. Une affaire qui a accéléré une libération de la parole sur les violences sexistes et sexuelles dans de nombreux pays.

"J'ai honte"

Alors même que la direction de Sciences Po Paris est pointée du doigt dans l'affaire Duhamel, ces nouveaux témoignages accusent celles des IEP d'avoir été silencieuses au sujet de ces agressions. Pis, elles leur reprochent d'avoir permis aux auteurs de ces actes, qu'il s'agisse d'étudiants ou d'enseignants, d'avoir bénéficié d'une forme d'impunité.

Après les témoignages recueillis à Bordeaux par Libération, d'autres ont fait surface. Sur Instagram, une étudiante de Sciences Po Paris inscrite au campus de Poitiers parle d'un viol à la suite duquel l'administration se serait cantonnée à muter l'étudiant responsable, "de le changer de campus et de le mettre à celui de Reims" plutôt que de l'exclure. Une autre étudiante, qui se dit inscrite à l'IEP de Strasbourg, a publié une lettre ouverte dans laquelle elle écrit avoir "honte".

"Les témoignages affluent, ils ne s'arrêtent plus. J'ai l'impression qu'ils ne s'arrêteront jamais. Chacun pire que le précédent. Elles parlent enfin, l'omerta est terminée. Le silence est brisé", peut-on y lire.

Enquête ouverte à Toulouse

Une enquête préliminaire a été ouverte après une plainte pour viol d'une étudiante de l'IEP de Toulouse, a indiqué ce mardi à l'Agence France-Presse le procureur Dominique Alzeari.

"La victime des agissements diffusés sur les réseaux sociaux (...) a formalisé une plainte reçue au commissariat de Toulouse à la date du 6 février 2021", a ajouté le magistrat qui a "immédiatement fait diligenter une enquête préliminaire, confiée à la brigade de la famille et des mineurs" de Toulouse. Les faits remonteraient à 2018.

"À ce stade il est prématuré d'avancer le fait que d'autres faits similaires en lien avec cette affaire auraient pu être portés à ma connaissance et à celle des enquêteurs, qui vont s'attacher sans délai à finaliser leurs investigations", a-t-il conclu.

Soutien politique

Plusieurs responsables politiques, dont la ministre chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa, ont apporté leur soutien à la vague de dénonciations.

"Plein soutien aux étudiantes victimes de viols qui dénoncent les faits courageusement via #SciencesPorcs", a tweeté Marlène Schiappa.

Et la ministre d'inviter les victimes à "signaler ces crimes" sur la plateforme dédiée du gouvernement contre les violences sexistes et sexuelles (arretonslesviolences.gouv.fr).

La mobilisation est partie essentiellement du groupe Facebook créé par des étudiants de l'IEP de Bordeaux, qui compte plusieurs centaines de membres d'après Libération. Selon des médias locaux comme Rue89 Bordeaux, l'école a annoncé la mise en place d'un groupe de travail pour mieux prévenir les violences sexistes et sexuelles dénoncées par les étudiantes concernées.

Article original publié sur BFMTV.com