Affaire Sarkozy : le parquet national financier est-il allé trop loin ?

C'est un rebondissement de taille dans l'affaire dite des écoutes visant Nicolas Sarkozy. Dans le dossier Paul Bismuth, du nom auquel une ligne téléphonique a été ouverte pour l'utilité de l'ancien président, l'hebdomadaire Le Point révèle que le parquet national financier (PNF) aurait surveillé plusieurs ténors du barreau afin d'identifier la source qui aurait informé Nicolas Sarkozy qu'il était sur écoute. En 2014, l'ex-chef de l'État et son avocat Thierry Herzog se voyaient reprochés d'avoir tenté d'obtenir des renseignements sur l'enquête via le juge Azibert, en échange d'une nomination à Monaco. Et c'est pour échanger à ce sujet que les deux protagonistes auraient utilisé la ligne téléphonique au nom de Paul Bismuth. Les factures téléphoniques décortiquées Mais cette ligne aussi est sur écoute, et le procureur est persuadé qu'il y a une taupe et qu'elle porte une robe noire. C'est soit un avocat, soit un magistrat. Les enquêteurs identifient alors les personnes avec lesquelles Me Thierry Herzog a des contacts téléphoniques, et parmi eux des ténors du barreau comme Éric Dupont-Moretti et Hervé Temime. Leurs factures téléphoniques détaillées sont décortiquées durant plusieurs semaines, ce qui est intolérable pour ces avocats. "Des investigations faites dans un mépris absolu du respect du secret professionnel des avocats", accuse Me Hervé Temime, lui-même avocat de Thierry Herzog. Contacté par téléphone, le PNF assure que tout a été fait dans un cadre légal.