Affaire russe: Flynn comptait "mettre en pièces" les sanctions contre Moscou

Michael Flynn (c), ex-conseiller de Donald Trump, quitte le tribunal fédéral de Washington, le 1er décembre 2017

Washington (AFP) - Un élu américain a affirmé mercredi que l'ex-conseiller de Donald Trump au coeur de l'affaire russe, Michael Flynn, avait assuré à un homme d'affaires le jour de l'investiture du président que les sanctions contre Moscou allaient être supprimées, ouvrant la voie à un projet de construction de centrales nucléaires au Moyen-Orient.

Cet élu démocrate de la Chambre des représentants, Elijah Cummings, a expliqué qu'un lanceur d'alerte lui avait fait ces révélations dès juin dernier, tout en laissant entendre qu'il ne les avaient pas rendues publiques tant que le procureur spécial Robert Mueller enquêtait sur Michael Flynn, inculpé vendredi.

Alex Copson, gérant du groupe ACU Strategic Partners basé à Washington, aurait confié au lanceur d'alerte que Michael Flynn l'avait assuré de la volonté de la nouvelle administration Trump de "mettre en pièces" les sanctions visant la Russie, ouvrant la voie à un grand projet de construction de centrales nucléaires au Moyen-Orient.

"Mike a tout mis en place pour nous", aurait déclaré au lanceur d'alerte cet homme d'affaires alors qu'ils assistaient tous deux à l'investiture de Donald Trump le 20 janvier.

Six mois plus tôt, M. Copson aurait payé M. Flynn 25.000 dollars pour qu'il parte au Moyen-Orient plaider en faveur de son projet, qui comprenait la construction d'une vingtaine de centrales nucléaires dans la région, dans un partenariat américano-russe.

Elijah Cummings rend compte de ces allégations dans une lettre adressée à Trey Gowdy, président de la commission de Contrôle de la Chambre, dans laquelle il réclame que M. Flynn soit assigné à comparaître.

Trois semaines avant l'investiture, l'administration sortante de Barack Obama avait durci les sanctions pesant sur la Russie pour punir Moscou, accusée d'ingérence dans la présidentielle remportée par Donald Trump. Or Michael Flynn aurait non seulement affirmé à Alex Copson que ces sanctions seraient abandonnées mais aurait également évoqué ce projet auprès de hauts responsables de la Maison Blanche quelques jours après l'investiture.

Selon le Wall Street Journal, il s'en serait entretenu avec le gendre et proche conseiller de Donald Trump, Jared Kushner, ainsi qu'un ami proche du président, Thomas Barrack.

De nouvelles accusations embarrassantes pour le général Michael Flynn, ex-conseiller à la sécurité nationale du président républicain, qui a plaidé coupable vendredi d'avoir menti sur ses conversations avec l'ambassadeur de Russie aux Etats-Unis, Sergueï Kisliak.

Ces soupçons soulèvent également de nouvelles questions sur ce que Donald Trump savait des affaires privées de Michael Flynn pendant la campagne, puis quand il l'a nommé conseiller à la sécurité nationale.

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