Affaire Renault-Nissan: Carlos Ghosn et sa cagnotte venue d'Oman

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Il y a dix jours, la justice française délivrait un mandat d'arrêt international à l'encontre de l'ancien PDG de l'alliance Nissan-Renault, toujours réfugié au Liban. Ce mardi 3 mai 2022, c'est pour cette même enquête – abus de biens sociaux et blanchiment – que Carlos Ghosn fait la Une des journaux en France.

Carlos Ghosn fait la Une, particulièrement celle du journal Libération, qui titre sur sa caisse noire : 80 millions d'euros, c'est le montant que l'homme d'affaires franco-libanais aurait amassé illégalement entre 2009 et 2018, alors qu'il était à la tête du groupe Renault-Nissan.

Les enquêteurs s'intéressent à ses liens avec le distributeur du constructeur automobile au sultanat d'Oman. C'est là-bas que Carlos Ghosn aurait abrité sa cagnotte, selon les révélations du journal ce mardi matin.

L'enquête de la justice française a permis de faire la lumière sur le mécanisme de blanchiment mis en place, en remarquant que plusieurs paiements émis par Renault et Nissan – près de 120 millions d'euros – étaient envoyés sur les comptes du distributeur à Oman, la société SBA dirigée par un certain Suhail Bahwan.

D'autres virements, pour un montant de 80 millions d'euros, sont repartis des comptes omanais vers ceux de Carlos Ghosn et de sa famille.

Bahwan, l'ami omanais de Ghosn

Cet argent vient des aides financières versées par Renault et Nissan à la société SBA, comme à d'autres distributeurs de l'alliance. Des aides institutionnalisées pour renflouer les caisses d'un distributeur quand il n'a pas bien vendu ou des primes quand il a performé dans ses ventes.

Du côté de SBA, les scores n'étaient pas au niveau espéré par Renault. Le distributeur d'Oman aurait même rechigné un temps à couvrir le marché saoudien, expliquant que les véhicules Renault n'étaient pas assez résistants aux fortes chaleurs et à la poussière dégagée. Ce sont les explications données ce mardi dans Libé.

Sur ces 120 millions d'euros d'aides, 80 auraient été rétrocédés sur les comptes de Carlos Ghosn. Il serait d'ailleurs largement et personnellement intervenu pour que la société de Suhail Bahwan touche ces 120 millions d'euros. C'est ce qui a mis la puce à l'oreille au juge d'instruction français chargé de l'enquête.

Le milliardaire omanais faisait d'ailleurs savoir directement à Carlos Ghosn que les aides n'étaient pas suffisantes, ce qu'a reconnu l'ex-patron de Renault lors de son audition. Il a également admis qu'il faisait passer le message à ses équipes pour l'octroi de coups de pouce supplémentaires à SBA, mais il nie avoir été en prise directe avec ces opérations.

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Protégé par sa nationalité libanaise

Leurs relations ne semblent pas être uniquement professionnelles. Suhail Bahwan est un homme d'affaires de 83 ans. Il possède une fortune de 2,5 milliards de dollars. Et en 2009, il prêtait 25 millions à l'ex-femme de Carlos Ghosn. Une somme toujours pas remboursée, d'ailleurs.

Puis il y a eu d'autres millions distribués, soi-disant pour les conseils que prodiguaient le PDG de Renault au milliardaire. À l'époque, Suhail Bahwan voulait même recruter Carlos Ghosn, explique Libération.

La France a délivré un mandat d'arrêt international, mais une extradition de Carlos Ghosn du Liban vers la France reste peu probable. Le Liban a pour principe la non-extradition de ses ressortissants. Or, Carlos Ghosn possède la triple nationalité française, libanaise et brésilienne.

La justice libanaise a également ouvert une procédure contre Carlos Ghosn, ce qui fait dire à ses avocats que leur client « fait l'objet d'une interdiction de quitter le territoire libanais ».

Après avoir échappé à la justice japonaise, Carlos Ghosn pourrait bien rester encore longtemps hors de portée des enquêteurs français.

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