Affaire Ranucci Une jurée raconte sa vie après la mort

Libération.fr

En 1976, Geneviève Donadini a fait partie des douze personnes ayant scellé le sort d’un des derniers condamnés à la peine capitale en France pour le meurtre d’une petite fille. Aujourd’hui âgée de 76 ans, elle évoque dans un livre «le poids de la culpabilité» et appelle à une meilleure prise en charge du jury d’assises.

Un si long silence ne s’interrompt pas facilement. Assise dans le coquet salon familial, Geneviève Donadini réfléchit souvent, cherche ses mots, les pèse aussi, pour ne pas enfreindre la loi. On ne peut pas tout dire lorsque l’on a été jurée d’assises, même quarante ans après. Le secret des délibérations, dit le code de procédure pénale, ne doit jamais être rompu, sous peine d’une sanction pouvant aller jusqu’à 15 000 euros d’amende et un an d’emprisonnement.

Dans le livre qu’elle vient de publier (1), Geneviève Donadini ne dit donc rien du huis clos étouffant qu’elle a vécu ce 10 mars 1976 dans une salle de la cour d’assises d’Aix-en-Provence. Elle ne dit pas non plus combien de jurés exactement ont voté la peine de mort pour Christian Ranucci, qui comparaissait pour le meurtre d’une petite fille à Marseille. Mais à 76 ans, la dame discrète s’autorise enfin à raconter le reste : comment une jeune femme ignorant tout du monde de la justice a hérité, avec huit autres jurés, du droit de vie ou de mort sur un garçon de 22 ans. Et comment cet épisode douloureux l’a accompagnée silencieusement durant toute sa vie.

Croix autour du cou

C’est par une convocation à la gendarmerie, en février 1976, qu’elle apprend la nouvelle : son nom a été tiré au sort pour la prochaine session d’assises, qui débute trois semaines plus tard. Pour «rendre service», Geneviève Donadini, alors jeune élue à la mairie de La Penne-sur-Huveaune, près de Marseille, avait accepté de figurer parmi les personnes susceptibles d’être appelées comme juré. A l’époque, c’est l’édile qui a la responsabilité de fournir chaque année à la justice une liste de personnes disponibles. «C’était (...)

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