Affaire Pegasus: l’enquête en France confiée à un juge d’instruction

© Thomas Samson/AFP

En France, c'est une nouvelle étape dans l'enquête sur le logiciel espion Pegasus: un juge d'instruction est désormais en charge du dossier. Conçu par la société israélienne NSO, Pegasus, infiltre les téléphones portables et permet d'espionner leurs utilisateurs. Des centaines de personnalités politiques, de militants des droits humains et de journalistes en ont été victimes dans le monde entier. Un an après la découverte de ce scandale, il reste beaucoup à faire pour en découvrir toutes les ramifications, et pour identifier les commanditaires des différentes intrusions illicites dans les téléphones.

C'est vers l'État marocain que pointent les éléments désormais aux mains d'un juge d'instruction français. De nombreuses plaintes ont été déposées en France, par des journalistes et des élus dont les téléphones ont été infectés par le logiciel-espion israélien Pegasus.

La France n'est pas le seul pays où les révélations du consortium de journalistes Forbidden Stories ont des conséquences judiciaires. En Espagne, les services de renseignements ont admis avoir espionné les téléphones de nombreux indépendantistes catalans à l'aide de Pegasus et le pays a ensuite découvert que le Premier ministre Pedro Sanchez et plusieurs membres de son gouvernement avaient été visés par le même logiciel-espion, mais cette fois en provenance d'un pays étranger. La juge espagnole en charge du dossier souhaite entendre le patron de la société israélienne NSO.

Au Printemps, le Parlement européen a créé sa propre commission d'enquête sur Pegasus. Aux États-Unis, c'est le géant Apple -fabriquant des téléphones infectés par Pegasus- qui a porté plainte contre NSO. La société israélienne a ainsi été placée sur une liste noire du gouvernement.