Affaire Omar Raddad: la justice examinera jeudi la requête en révision déposée par la défense

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Omar Raddad, en 2008. - MEHDI FEDOUACH / AFP
Omar Raddad, en 2008. - MEHDI FEDOUACH / AFP

C'est une affaire qui n'a jamais quitté l'esprit des Français depuis qu'on a découvert le corps de Ghislaine Marchal le 24 juin 1991, assassinée dans sa cossue villa de Mougins, dans les Alpes-Maritimes. Un souvenir qui se conjugue (mal) avec cette inscription ensanglantée étalée sur un mur près du cadavre: "Omar m'a tuer".

Omar comme Omar Raddad, le jardinier marocain de la victime, finalement remis en liberté en 1998 à la faveur d'une grâce présidentielle partielle, après une condamnation initiale à 18 ans de prison. Gracié mais jamais blanchi malgré les nombreux détails troublants exhumés par l'enquête et l'instruction. Trente ans après le crime, on pourrait toutefois voir le bout de cette effroyable chronique judiciaire.

S'appuyant sur de nouveaux éléments, Sylvie Noachovitch, avocate d'Omar Raddad, avait déposé en juin dernier une requête en révision dans le dossier établi autour de son client devant le Tribunal judiciaire de Paris. Ce jeudi, la justice examinera cette requête. Omar Raddad sera d'ailleurs présent à l'audience aux côtés de son avocate, et sera également épaulé par l'écrivain Jean-Marie Rouart, fidèle soutien du jardinier.

Nouvelle piste ADN

Au premier rang des nouvelles informations motivant cette démarche, la présence d'un ADN mêlé à celui de Ghislaine Marchal dans le sang qui a été utilisé pour écrire la fameuse inscription "Omar m'a tuer" sur la porte de la cave de la maison de Mougins.

Cet ADN a même été relevé à 35 reprises parmi ces seules dix lettres. Or, cette identité a "matché" au Fichier des empreintes génétiques (FNAEG). Autrement dit, le FNAEG a permis de l'associer à un nom. Une correspondance qui ne permet toutefois pas d'établir le coupable.

Il s'avère en effet que le particulier désigné par son empreinte ne peut être l'auteur des faits. C'est pourquoi le conseil d'Omar Raddad s'apprête à demander le lancement d'une recherche en parentèle. En effet, si chacun est dépositaire d'un patrimoine génétique unique, l'ADN est aussi un legs ou un partage familial: à titre d'exemple, un enfant présente un ADN commun à 50% à celui de son père et identique 50% à celui de sa mère. La découverte d'éléments nouveaux ou inconnus postérieurement au procès est le socle d'une révision. Toutefois, ladite révision est un acte judiciaire extrêmement rare.

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Trois issues possibles

C'est la commission d'instruction, composée de cinq magistrats, qui visera la requête jeudi. Plaideront alors, dans la confidentialité du huis clos, la défense et le ministère public, ainsi que la partie civile, si elle le souhaite. Selon toute vraisemblance, la décision de la commission devrait toutefois être mise en délibéré.

Plusieurs issues s'offrent à cette dernière. Soit elle refuse la révision du procès - auquel cas la défense ne disposera plus de recours ; soit elle demande des actes supplémentaires ; soit elle valide la révision, entraînant la transmission du dossier à la formation de jugement, ouvrant l'organisation de nouvelles audiences.

Article original publié sur BFMTV.com

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