Affaire Navalny: les journalistes russes sous pression

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En Russie, les médias s’inquiètent des pressions exercées sur les journalistes qui ont couvert ces dernières semaines l’affaire Navalny et les manifestations de soutien à l’opposant russe. Durant les manifestations, des dizaines de journalistes ont ainsi été battus ou arrêtés. La presse russe s’inquiète en particulier du sort réservé au rédacteur en chef d’un média indépendant condamné à 25 jours de prison.

Selon l’Union russe des journalistes, plusieurs dizaines de reporters ont été arrêtés ou blessés alors qu’ils tentaient de couvrir ces dernières semaines les manifestations pro-Navalny. Selon de nombreux témoignages, ces journalistes étaient pourtant facilement identifiables puisqu’ils portaient les chasubles jaunes fluo censées les distinguer des manifestants.

La pression policière sans précédent exercée sur les journalistes couvrant ces manifestations s’accompagne d’une pression judiciaire: en témoigne la condamnation à 25 jours de prison du rédacteur en chef du site internet Mediazona. Sergueï Smirnov est accusé « d’organisation de protestation de masse » pour avoir partagé sur les réseaux sociaux une blague mentionnant, dans un coin, la date de l’une des manifestations pro-Navalny.

La condamnation de Sergueï Smirnov a suscité l’indignation d’un grand nombre de médias, à commencer par le journal Novaya Gazeta qui s’est engagé à publier durant 25 jours plusieurs articles du site Mediazona.

Dans un éditorial très virulent, le journal Kommersant, pourtant détenu par un homme d’affaires proche du Kremlin, a dénoncé une tentative « d’intimider » tous les autres journalistes du pays. Le journal s’inquiète de manière plus générale de la violence exercée par la police durant les manifestations. « Ce n'est pas parce qu’une manifestation n’est pas autorisée que cela justifie le recours excessif à la force », peut-on lire dans les colonnes du quotidien.

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