Affaire Mis et Thiennot: une septième requête en révision déposée

Les familles de Raymond Mis et Gabriel Thiennot, condamnés il y a plus de soixante-dix ans pour le meurtre d'un garde-chasse qu'ils ont toujours nié, ont déposé mercredi une septième requête en révision en vue de leur réhabilitation, a annoncé leur avocat.

"C'est une septième requête et nous espérons la dernière qui vient demander à la commission d'instruction de la Cour de révision d'annuler les condamnations de Raymond Mis et Gabriel Thiennot prononcées en 1950", a déclaré Me Pierre-Emmanuel Blard.

La demande émane des familles des deux hommes, la veuve et les trois enfants de Gabriel Thiennot, décédé en 2003, et l'ancienne compagne de Raymond Mis, mort en 2009.

Raymond Mis et Gabriel Thiennot avaient été condamnés en juillet 1950, au terme d'un troisième procès, à quinze ans de travaux forcés pour le meurtre de Louis Boistard, un garde-chasse retrouvé mort le 31 décembre 1946 dans un étang de Saint-Michel-en-Brenne (Indre).

Arrêtés avec un groupe d'autres chasseurs, Raymond Mis et Gabriel Thiennot étaient passés aux aveux début 1947 au cours de neuf jours de garde à vue, avant de se rétracter.

Ils n'ont ensuite jamais cessé de clamer leur innocence, dénonçant de graves sévices subis et des aveux signés sous la torture.

Les deux hommes ont été graciés en 1954 par le président de la République René Coty, mais cette grâce ne vaut pas annulation de leur condamnation.

Dans le long combat pour dénoncer une "erreur judiciaire", poursuivi à leur mort par leurs proches, six précédentes demandes en révision de leur procès ont été rejetées par la justice, la dernière en 2015.

La nouvelle requête s'appuie sur une évolution législative qui permet depuis décembre d'obtenir l'annulation de procès-verbaux "dès lors que les aveux ont été obtenus sous la violence", a rappelé Me Blard.

"Nous demandons à la commission d'instruction d'annuler tous les procès-verbaux sur lesquels Raymond Mis et Gabriel Thiennot ont tenu des propos sous la torture", a expliqué l'avocat des familles.

"En dehors des aveux de Raymond Mis et Gabriel Thiennot, le dossier pénal est vide", a-t-il affirmé.

La saisine de la commission d'instruction n'est qu'une première étape. Elle devra d'abord statuer sur la recevabilité de la requête, avant d'éventuellement saisir la Cour de révision.

Le comité de soutien Mis et Thiennot, très actif depuis des dizaines d'années, tiendra une conférence de presse à 14h00 à la mairie du XIVe arrondissement de Paris.

asl/nk/dch

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