Affaire Mia: Rémy Daillet-Wiedemann défend les ravisseurs, "des héros" qui "rétablissent le droit"

Clarisse Martin

L'individu, figure de la mouvance complotiste d'extrême droite, est visé par un mandat d'arrêt international et aurait "joué un rôle dans l'organisation de l'enlèvement" de la petite fille.

Une semaine après le rapt chez sa grand-mère de la petite Mia, retrouvée dimanche en Suisse avec sa mère qui n'en avait plus la garde, les enquêteurs s'intéressent à Rémy Daillet-Wiedermann, un ancien cadre du MoDem en Haute-Garonne, exclu en 2010 du parti, qui a depuis versé dans la mouvance complotiste d'extrême droite.

Selon un communiqué du procureur de la République de Nancy François Pérain, publié ce mardi, l'individu "apparaît comme l'animateur principal de la 'mouvance' dans le cadre de laquelle s'inscrivent les mis en cause". 

Daillet-Wiedemann aurait "joué un rôle dans l'organisation de l'enlèvement et aurait ainsi fourni les coordonnées de l'accueillante de la mère et de l'enfant à Neuchâtel", ajoute le communiqué, cité par l'Agence France-Presse (AFP).

Daillet dénonce "une justice qui dérape"

Sur BFMTV ce mardi après-midi, l'homme recherché par les autorités a défendu les ravisseurs de la petite Mia, allant jusqu'à les qualifier de "héros".

"Ils rétablissent le droit, ils répondent à une demande pressante de la part d'une maman. Je les félicite et on fera tout ce qu'il faut pour les libérer de cette détention totalement scandaleuse. C'est le cas classique d'une justice qui dérape et qui parle d'enlèvement là où il y a une restitution d'enfant à la maman qui le demande", assume l'ancien centriste.

Au diapason de ses publications et vidéos conspirationnistes en ligne, l'homme estime que la fillette a été "enlevée de manière indue, illégitime, un placement abusif comme il y en a des milliers, des milliers chaque année en France".

"Qu'ils me mettent à Fleury-Mérogis"

Au sujet du mandat d'arrêt international émis à son encontre, Daillet-Wiedemann juge qu'il ne sera pas arrêté en Malaisie, où il est établi depuis plusieurs années, car "c'est un pays de liberté", croit-il savoir, avant de changer de discours:

"Qu'ils m'arrêtent, qu'ils me mettent à Fleury-Mérogis, j'écrirai mon livre, ça sera l'occasion, les gens cesseront de dire que je suis du système, ils cesseront de dire que je suis planqué, ils verront que je suis en première ligne et je pourrai de là fomenter la contre-révolution nécessaire dans ce pays, ça fera encore beaucoup plus de bruit, et je suis sûr que j'aurai plein d'amis chez les matons, chez les policiers, chez les gendarmes. J'en suis convaincu", poursuit l'homme, qui sur un de ses sites appelle sans ambiguïté à mettre la République à terre via un "renversement pour un coup d'État populaire".

Dans une interview publiée par Le Parisien ce mardi après-midi, le quinquagénaire, père de 11 enfants selon le quotidien, fait valoir une rhétorique identique quant à un État qui "kidnapperait" des enfants via des décisions de placement. 

Il dit aussi ne pas avoir "eu de contact direct avec la maman de Mia", mais détaille que celle-ci "a supplié qu'on l'aide et elle a obtenu de l'aide" et que cette opération a été menée "par de bons pères de famille", à l'égard desquels il fera "tout ce qui est en (son) pouvoir pour les aider".

Article original publié sur BFMTV.com

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