Affaire Mia: la fillette a vécu chez ses grands-parents paternels jusqu'à 5 ans, avant que sa mère la récupère brutalement

Jeanne Bulant
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Lola Montemaggi, la mère de Mia, la fillette enlevée mardi 13 avril 2021 dans les Vosges. - Ministre de l'Intérieur
Lola Montemaggi, la mère de Mia, la fillette enlevée mardi 13 avril 2021 dans les Vosges. - Ministre de l'Intérieur

La petite Mia, 8 ans, a été enlevée mardi dernier à la demande de sa mère par plusieurs hommes, alors qu'elle était hébergée chez sa grand-mère maternelle dans un village des Vosges et que sa mère, Lola Montemaggi, n'avait plus le droit de la voir seule. Sur BFMTV ce mardi, Me Guillaume Fort, l'avocat des grands-parents paternels de Mia, a fait part de "la forte inquiétude" du couple qui a élevé Mia de sa naissance à ses 5 ans.

"Les grands-parents paternels éduquent cette petite depuis ses trois jours. Dès la sortie de l'hôpital, Lola et son père ont confié la petite Mia aux grands-parents paternels", explique sur notre antenne l'avocat des grands-parents, précisant qu'ils n'ont "rien contre la mère de l'enfant".

Une première tentative de soustraction

Selon lui, le père et la mère de Mia se trouvaient dans "une forme de précarité sociale, professionnelle, financière; peut-être une immaturité trop importante" lorsque Mia est née. "Dans l'intérêt de l'enfant, ses parents ont confié la petite aux personnes qui étaient les plus à même de l'élever, et qui étaient parfaitement équilibrées, c'est-à-dire les grands-parents paternels."

L'avocat raconte aussi que "lorsqu'elle (Mia) avait cinq ans et demi, la mère de Mia est venue la chercher comme elle le faisait de temps en temps pour passer l'après-midi avec elle, et à ce moment-là, ne l'a jamais ramenée".

"Les grands-parents paternels n'ont ensuite plus eu de nouvelles pendant quasiment un an", poursuit-il. "Ils l'avaient en quelque sorte accepté, et pensant qu'elle était avec sa mère, ils pensaient que tout ça allait bien se passer, qu'elle serait dans un foyer aimant et protecteur".

"C'est cavalier comme façon de faire, si ce n'est violent"

L'avocat reconnaît que "d'un point de vue judiciaire, ce n'était pas un enlèvement à proprement parler", et qu'il s'agissait d'un choix à l'amiable entre les membres de la famille. "Mais dans les faits, le traumatisme est le même. Imaginez la brutalité que cela peut représenter pour n'importe qui qui élève un enfant depuis sa tendre enfance jusqu'à ses 5 ans et demi. Il est évident que c'est cavalier comme façon de faire, si ce n'est violent", commente encore sur notre antenne Me Guillaume Fort.

Le couple souhaite désormais proposer aux juges d'avoir de nouveau la garde de l'enfant. Lola Montemaggi, la mère de la fillette, ainsi qu'un ressortissant français qui l'a aidée en Suisse, sont quant à eux en détention dans le canton de Vaud dans l'attente d'une procédure d'extradition.

Mia a retrouvé sa grand-mère

Un juge d'instruction de Nancy a délivré un mandat d'arrêt international contre Rémy Daillet-Wiedermann, "animateur" présumé de la "mouvance" anti-système des ravisseurs de la petite Mia, a annoncé mardi le procureur de la République de Nancy François Pérain.

La petite fille a quant à elle retrouvé lundi sa grand-mère maternelle, chez qui elle avait été placée par la justice. Toutes deux sont désormais installées dans un endroit tenu secret.

Article original publié sur BFMTV.com