Affaire Matzneff : pourquoi la majorité sexuelle et la notion de consentement ne sont pas que des questions de "morale" et "d'époque"

franceinfo

Gabriel Matzneff n'a jamais caché sa pédophilie – que ce soit sur les plateaux télévisés ou dans ses ouvrages, qui relatent largement ses expériences avec "les moins de 16 ans". Il assurait que toutes ces relations étaient consenties, désirées même, par les jeunes filles et les jeunes garçons avec qui il avait des rapports. C'est précisément ce qu'interroge Vanessa Springora dans Le Consentement (éd. Grasset), paru jeudi 2 janvier. L'éditrice et auteure y dénonce notamment l'emprise que l'écrivain, avec qui elle a entretenu une relation alors qu'elle avait 14 ans et lui 50 ans, exerçait sur elle et la complaisance d'une époque.

Au moment des faits, dans les années 70, plusieurs médias et intellectuels se font les défenseurs de la pédophilie. Ils relaient largement interviews et pétitions en faveur de la dépénalisation des actes sexuels avec les mineurs, si tant est qu'ils ne soient pas forcés. Et se demandent : pourquoi un enfant ne pourrait-il pas consentir, en son âme et conscience, à une relation avec un adulte ? Dans un contexte post-Mai 68 où "il est interdit d'interdire", les défenseurs d'une "sexualité infantine" ont pignon sur rue.

En 1977, une tribune rédigée par Gabriel Matzneff paraît dans Le Monde. Soutenue par 69 personnalités – parmi lesquelles Simone de Beauvoir, Roland Barthes ou encore Jack Lang – elle appelle à supprimer toute notion de majorité (...)

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