Affaire Lambert : «La loi sur la fin de vie couvre 99% des situations»

Aline Gérard
Le professeur René Robert, spécialiste des soins palliatifs, estime que certains points de la loi peuvent être clarifiés

Pour le docteur René Robert, des améliorations peuvent être apportées à loi Claeys-Leonetti, mais certains cas hors norme poseront toujours problème.


Quelques heures après l’annonce du décès de Vincent Lambert, des voix s’élèvent pour demander une révision de la loi Claeys-Leonetti, dite sur la fin de vie. Pour René Robert, chef de service de réanimation-anesthésie au CHU de Poitiers, spécialiste des soins palliatifs, aucune loi ne peut cadrer tous les cas particuliers aux problématiques de la fin de vie.

La loi Claeys-Leonetti vous paraît-elle suffisante ?

RENÉ ROBERT. D’expérience, je dirai qu’elle couvre 99 % des situations, ce qui est plutôt satisfaisant. Elle ne couvre pas en revanche le cas de maladies effroyables comme la maladie de Charcot, cette pathologie incurable qui paralyse petit à petit les patients dont souffrait Anne Bert. C’est une vraie difficulté. Le cas de Vincent Lambert, lui, depuis le début entrait clairement dans le champ de cette loi, pas celui de cette écrivaine. Anne Bert a posé la question du droit à mourir, de l’euthanasie, quand la maladie vous fait endurer des souffrances atroces. Mais la loi Claeys-Leonetti ne le permet pas. Cette loi organise une aide à mourir, et non pas à faire mourir. En l’état actuel, le curseur est là…

Durant l’affaire Lambert, on s’est aperçu qu’aucun texte n’organisait de hiérarchie entre les membres de la famille…

Je l’ai découvert aussi, et j’en ai été surpris. Faut-il que la volonté du conjoint ou du pacsé prime ? Je suis enclin à le penser. Peut-être faut-il clarifier ce point, même si ce n’est pas une garantie absolue que la volonté du patient soit respectée. On aura toujours des cas hors normes, comme l’affaire Lambert qui est l’histoire d’un conflit familial insoluble. Aucune loi, aussi précise soit-elle, ne pourra les éviter.

Y a-t-il encore des résistances médicales vis-à-vis de cette loi ?

Ce qui reste difficile pour les soignants de terrain, c’est de repérer l’entrée dans la fin de vie, le moment où pour (...)

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