Affaire Kohler: des juges d'instruction vont reprendre les investigations

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Alexis Kohler - Ludovic Marin - AFP

L'instruction dans l'affaire Alexis Kohler va reprendre. A la demande de l'association anticorruption Anticor, des juges d'instruction vont reprendre les investigations visant le secrétaire général de l'Élysée, Alexis Kohler. Cette information judiciaire a été ouverte lundi, ont ajouté ces sources, confirmant une information de Mediapart.

Une première enquête préliminaire avait été classée sans suite par le parquet national financier en août 2019. Pour relancer les investigations, Anticor avait ensuite déposé une plainte avec constitution de partie civile le 4 décembre.

Une affaire née en 2018

L'affaire était née après la publication en 2018 de plusieurs articles de Mediapart mettant en avant les liens familiaux et professionnels étroits entre le numéro 2 de l'Élysée et MSC, fondé et dirigé par les cousins de sa mère, la famille Aponte. MSC est un important client de l'entreprise STX France (aujourd'hui renommé Chantiers de l'Atlantique) qui gère les chantiers navals de Saint-Nazaire.

Après avoir siégé au conseil d'administration de STX France entre 2010 et 2012 en tant que représentant de l'État alors qu'il travaillait à l'Agence des participations de l'Etat, Alexis Kohler avait voulu, à deux reprises, rejoindre MSC, à chaque fois après avoir exercé des fonctions au sein de cabinets ministériels à Bercy.

La première fois, en avril 2014, la commission de déontologie, l'instance chargée de contrôler le départ des agents publics dans le secteur privé, s'était opposée à sa demande. Mais en août 2016, quand Emmanuel Macron a quitté le ministère de l'Économie, Alexis Kohler a finalement obtenu le feu vert de la commission. Lors de ces consultations, ses liens familiaux avec l'armateur n'avaient jamais été mentionnés.

Polémique autour d'une "note personnelle" de Macron

Cette ouverture intervient alors qu'une "note personnelle" du président Emmanuel Macron, rédigée en faveur de son bras droit dans cette procédure, est au cœur d'une polémique.

Dans ce document, daté du 1er juillet 2019 mais dont l'existence a été révélée récemment, le chef de l'Etat dédouane Alexis Kohler des soupçons le visant en écrivant qu'il était "déjà informé de (ses) liens familiaux" avec les actionnaires de contrôle de MSC lorsqu'il l'a nommé directeur de cabinet à Bercy en 2014.

Il ajoute que son collaborateur n'est ensuite pas intervenu dans des dossiers liés à l'armateur italo-suisse

Article original publié sur BFMTV.com