Affaire Jubillar: qu'est-ce que l'archéologie forensique, utilisée dans les fouilles autour de la ferme?

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Des gendarmes bloquent la route menant à la ferme abandonnée où se déroulent des fouilles pour retrouver le corps de Delphine Jubillar, à Cagnac-les-Mines le 18 janvier 2022. - FRED SCHEIBER / AFP
Des gendarmes bloquent la route menant à la ferme abandonnée où se déroulent des fouilles pour retrouver le corps de Delphine Jubillar, à Cagnac-les-Mines le 18 janvier 2022. - FRED SCHEIBER / AFP

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Des fouilles sont en cours dans les environs d'une ferme à Cagnac-les-Mines pour retrouver le corps de Delphine Jubillar. L'endroit aurait été évoqué auprès d'un ancien co-détenu par Cédric Jubillar, le mari de la disparue et le principal suspect de l'enquête.

Deux archéologues forensiques se sont rendus sur place afin de prêter main forte aux enquêteurs. Ils espèrent retrouver le corps de Delphine Jubillar, cette infirmière portée disparue depuis plus d'un an.

L'archéologie des crimes

Leurs recherches se concentrent dans le périmètre de cette ferme, qui a pris feu en avril 2021, car Cédric Jubillar, mis en examen pour "meurtre aggravé", a assuré à un co-détenu avoir enterré son épouse près d'un arbre, "à côté d'un endroit où ça a brûlé".

Or, pour chercher un corps, l'archéologie forensique est précieuse. Elle applique les méthodes de l'archéologie à des contextes criminels, notamment dans le contexte d'enterrement de corps ou de partie de corps.

Protéger traces et indices

L'excavation méticuleuse des archéologues spécialisés est précieuse pour une enquête criminelle.

"À ce jour, seul le décapage à l'aide d'un engin, évoluant sous l’œil exercé d'un archéologue forensique, permet de mettre à jour les fosses accueillant des cadavres en protégeant les traces et indices recherchés", souligne le site de la gendarmerie.

En avril dernier, Frédéric Devevey, archéologue à l’Inrap et officier de réserve de la gendarmerie, a été appelé dans les Ardennes afin d'aider les enquêteurs à retrouver le corps d'Estelle Mouzin, disparue en 2003.

"Pour retrouver des corps enterrés depuis des années, des méthodes adaptées aux enfouissements anciens sont nécessaires", expliquait-il alors à BFMTV.com.

"On cherche un corps sans savoir s'il y est vraiment"

Sur l'affaire Jubillar, "c'est mon collègue Patrice anthropologue et aussi gendarme de réserve comme moi qui est sur place depuis lundi avec une autre collègue", détaille Frédéric Devevey à nos collègues de La Dépêche du Midi.

"Sur cette ferme incendiée, il y a 14 hectares à inspecter, c'est immense! Même avec le concours des dix militaires du FOS 17 [fouille opérationnelle spécialisée, NDLR], si on doit passer tout le site cm² par cm², il faudra des semaines", ajoute-t-il, précisant que selon lui, "le plus difficile dans cette affaire Jubillar, c'est que l'on cherche un corps sans savoir s'il y est vraiment".

Article original publié sur BFMTV.com

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