Affaire Jubillar: pourquoi la nouvelle compagne du mari est-elle ressortie libre?

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Cédric Jubillar et sa nouvelle compagne.  - BFMTV
Cédric Jubillar et sa nouvelle compagne. - BFMTV

La date de son interpellation avait surpris tout le monde. L'issue de la procédure l'est tout autant. Séverine L., interpellée et placée en garde à vue pour "recel de cadavre" un an jour pour après la disparition de Delphine Jubillar, cette infirmière de 34 ans du Tarn, est ressortie libre après 36 heures d'audition par les enquêteurs à la gendarmerie de Gaillac.

Pour pouvoir placer en garde à vue Séverine L., la nouvelle compagne de Cédric Jubillar, les enquêteurs devaient disposer d'un nouvel élément, même fragile. Parmi le ou les éléments à la disposition des gendarmes figuraient plusieurs témoignages, dont un plus fort, pouvant laisser à penser qu'elle détiendrait des informations permettant de localiser le corps de Delphine Jubillar.

"J'ai assez subi les questions"

Jeudi matin, sa garde à vue avait été prolongée de 24 heures. Affichant une attitude "coopérative", "collaborant" avec les enquêteurs, la compagne de Cédric Jubillar a répondu pendant des heures et des heures à de nombreuses questions. "Tout le monde est fatigué, les enquêteurs ont exploité tout le temps qui leur est offert par le code de procédure pénale", confiait Me Fabienne Bex, l'avocate de Séverine L..

"Il faut me laisser tranquille, j'ai assez subi les questions, a confié cette femme de 44 ans à RTL ce vendredi matin. Je suis soulagée, maintenant il faut que je me repose." 876450610001_6287255101001

Depuis mercredi matin, 8 heures, Séverine L. a répondu aux questions des enquêteurs. Une manière pour eux de vérifier certains éléments, de refermer certaines hypothèses, d'en renforcer d'autres.

Au maximum, la garde à vue aurait pu durer 48 heures. Si jeudi elle est ressortie libre, sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elle pour l'instant, le code de procédure pénale permet aux gendarmes de la replacer en garde à vue, ultérieurement, pendant les heures qui restent à leur disposition.

"Ca ne veut pas dire que plus tard, dans le cadre des investigations, on ne découvrirait pas que finalement elle a eu un rôle, une contribution active, ou qu'elle est complice de quelque chose, et que finalement elle ne soit pas mise en cause, rappelle Guillaume Farde, consultant sécurité BFMTV. Ca veut simplement dire, qu'en l'état des informations dont disposent les enquêteurs, ils n'ont pas de matière pour la poursuivre."

Cédric Jubillar continue de clamer son innocence

En couple depuis le mois d'avril avec Cédric Jubillar, Séverine L. avait déjà été entendue par les gendarmes lors d'une audition libre le 16 juin dernier. Elle avait décrit un homme "manipulateur", "bipolaire", pouvant être violent avec ses enfants. "Je ne l'ai jamais vraiment vu chercher sa femme", soufflait cette femme de 44 ans. Depuis quelques mois, elle décrivait un homme tout autre, et le défendait, dénonçant alors un "acharnement".

En l'absence de corps ou d'aveux, l'enquête patine. Le mari de l'infirimière, Cédric Jubillar, est considéré comme le suspect numéro un. Mis en examen et écroué depuis le mois de juin, il aurait pu faire des confidences à des détenus de la maison d'arrêt de Seysses où il est incarcéré. Mercredi, les enquêteurs ont, pour lever les doutes, entendu six autres personnes, comme témoin. Toutes sont ressorties libres, là encore.

Cédric Jubillar continue lui de clamer son innocence. Entendu pour la seconde fois depuis son incercération le 3 décembre dernier, le peintre plaquiste a rejeté une nouvelle fois toutes les accusations qui pèsent contre lui. "Je reste fondamentalement convaincu que ce dossier est vide, martèle sur BFMTV Me Jean-Baptiste Alary, l'un des avocats de Cédric Jubillar. Depuis le premier jour, ils ne creusent que dans cette direction. Et si par hasard on essaierait de chercher autre chose? Au bout d’un an il serait peut être temps de commencer à le faire."

Article original publié sur BFMTV.com

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