Affaire Jubillar: comment les enquêteurs ont tenté de faire craquer le mari en le confrontant à sa mère

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Delphine et Cédric Jubillar le jour de leur mariage.  - BFMTV
Delphine et Cédric Jubillar le jour de leur mariage. - BFMTV

A la gendarmerie de Gaillac, dans le Tarn, les gendarmes ont joué quitte ou double la nuit du 17 juin 2021. Ce soir-là, ils s'apprêtent à interroger leur suspect numéro un dans la disparition de Delphine Jubillar, son mari Cédric, placé en garde à vue. Pour tenter de le faire craquer, ils se servent de sa mère, elle aussi en garde à vue, et organisent une confrontation.

"Je vois une femme détruite physiquement arriver dans la salle avec son avocate", se remémore Jean-Baptiste Alary, l'un des trois avocats de Cédric Jubillar. "Les enquêteurs ont poussé pour qu'elle y arrive. Je crois que ce qu'ils voulaient c'est que sa qualité de mère puisse convaincre son fils d'avouer, si c'est bien lui" l'auteur des faits, confirme l'avocate de la mère du suspect, Me Jessica Chefaroudi.

"Je t'en supplie, dis-le"

Les gendarmes abattent leur dernière carte pour obtenir une confession de la part de celui qu'ils pensent être à l'origine de la disparition de l'infirmière de 33 ans, mère de deux enfants.

"L'un dit: 'Madame, vous avez quelque chose à dire à votre fils?' Elle se tourne vers lui et le supplie en pleurant: 'Si tu as fait quelque chose, pour moi, pour les enfants, pour toi aussi, pour notre avenir, je t'en supplie, dis-le'. Vous imaginez la pression psychologique, elle est maximale", expose Me Alary.

Le récit de Cédric Jubillar ne se fissure pas pour autant, il reste sur ce qu'il clame depuis le début: "Maman, je n'ai rien fait." Utilisée pour faire craquer son fils, la mère de Cédric Jubillar ne l'a pas fait changer de version ce 17 juin. C'est toutefois elle qui, au mois de septembre, a ébranlé sa défense avec ses déclarations à 100% Radio. Lors d'un appel téléphonique passé à une émission de voyance sur cette radio locale, elle se dit "persuadée" de la culpabilité de son fils.

"Avant la garde à vue au mois de juin, j’étais persuadée de l’innocence de mon fils, après la garde à vue et tout ce que m’ont montré les gendarmes, je suis malheureusement persuadée de la culpabilité de mon fils", souffle-t-elle.

"Je vais la tuer"

Contactée par les équipes de la radio, l'avocate de la mère de Cédric les a reçus et a organisé un échange entre eux et sa cliente au cours duquel cette dernière s'est rétractée. Elle a évoqué des paroles tenues "dans une discussion privée" avec une voyante, dans un besoin "de se raccrocher à quelque chose".

"Aujourd’hui, disons que je me suis un petit peu calmée et que je fais dans la retenue sur mes propos. Je suis toujours dans l’ignorance et je cherche par tous les moyens possibles et inimaginables."

Lors de sa garde à vue en juin, la mère de Cédric Jubillar avait déjà instillé le doute sur la culpabilité de son fils en rapportant des propos troublants qu'il aurait tenu, à savoir "je vais la tuer".

Article original publié sur BFMTV.com

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