Affaire Jean-Luc Lahaye: ces emails qui fragilisent la version d'une de ses accusatrices

Le chanteur Jean-Luc Lahaye, lors d'un procès le 23 mars 2015 à Paris - DOMINIQUE FAGET © 2019 AFP
Le chanteur Jean-Luc Lahaye, lors d'un procès le 23 mars 2015 à Paris - DOMINIQUE FAGET © 2019 AFP

Ce sont des dizaines et des dizaines de messages. Certains rédigés d’une plume enfantine, d’autres contenant des propositions sexuelles très explicites. Le 24 mai dernier, la cour d’appel de Paris a décidé de remettre en liberté Jean-Luc Lahaye après plus de six mois de détention provisoire à la prison de la Santé. Quelques semaines plus tôt, ses avocats avaient communiqué aux juges d’instruction de nombreux emails envoyés au chanteur par l’une des deux plaignantes. Des messages datant du 24 janvier 2015 au 3 avril 2020, et qui, selon eux, "contredisent" sa version des faits.

Aujourd’hui, Roxane (son prénom a été modifié) accuse Jean-Luc Lahaye de l’avoir violée pendant des années, notamment en lui imposant certaines pratiques auxquelles elle ne voulait pas consentir. Mais à l’époque de ces emails, et alors qu’elle avait 17 ans, elle évoquait une relation assumée avec celui qui était alors son idole.

"Je me remémore tes gestes, ta voix. Je puise sans cesse dans ce passé que nous avons en commun, rien n’est plus beau. Je m’ennuie de toi. Je veux ton regard posé sur moi, toutes tes manifestations devenues synonymes de bonheur. Mais tu n’es pas là et je suis impuissante. Alors je m’encourage jour et nuit, en anticipant le moment où nous serons à nouveau réunis et plus fort qu’avant", lui envoie-t-elle avant de signer: "Ta petite femme."

"Tu n’es pas un pédophile"

Dans ces échanges, Roxane n’occulte pas non plus sa différence d’âge avec Jean-Luc Lahaye. Et les critiques dont il fait l’objet dans l’opinion publique, à ce propos.

"Surtout, défends-toi c’est important", l’implore-t-elle un jour.

"Tu n’es pas un pédophile. Un violeur non plus. Surtout pas! On sait toutes et tous que tu n’es pas le mec à abuser d’une femme sans son consentement." La jeune femme n’hésite pas non plus à parler de sexe avec Jean-Luc Lahaye. A lui envoyer des photos d’elle nue, et à lui faire des propositions très explicites.

Dans le fatras de courriels qui ont atterri sur le bureau des deux juges d’instruction figurent également quelques messages de menaces émanant de Roxane lorsqu’elle se rend compte que d’autres femmes, dont l’actuelle compagne de Jean-Luc Lahaye, tentent de le séduire.

La question de l’emprise en toile de fond

Pour la défense du chanteur de 69 ans, ces échanges donnent donc une nouvelle lumière sur toute cette affaire. Afin de leur donner du poids, les avocats de Jean-Luc Lahaye ont demandé à un huissier de constater la réalité des messages avant de les verser à la procédure.

A l’inverse, pour Nathalie Bucquet, l’avocate des plaignantes, cela ne change rien. "Je ne suis pas spécialement inquiète par tout cela. Je m’attendais à ce que Jean-Luc Lahaye soit remis en liberté à un moment donné, notamment en raison de son âge", confie-t-elle à BFM TV.

"Les messages de Roxane ne fragilisent pas le dossier", assure l'avocate. "Car derrière tout ça, c’est la question de l’emprise que Jean-Luc Lahaye exerçait sur elle et sur Emelyne (l’autre plaignante, dont le nom a également été modifié) qui se pose. Je rappelle qu’elles étaient toutes les deux mineures."

Dans leurs plaintes, les deux jeunes femmes ont ainsi clairement expliqué avoir entretenu des relations avec le chanteur et avoir cédé à ses désirs en raison de cette "emprise". Libre depuis trois semaines, Jean-Luc Lahaye reste mis en examen pour "viols sur mineures."

Article original publié sur BFMTV.com

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