Affaire Iquioussen : des pistes pour expliquer la volte-face marocaine

FRANÇOIS LO PRESTI/AFP

L’affaire Iquioussen rencontre un écho certain au-delà des médias marocains et français. Cet imam né français, rappelle le média marocain Le Desk, avait renoncé à sa nationalité française au seul profit de sa nationalité marocaine (celle de ses parents). Il a été accusé d’antisémitisme, d’homophobie et de sexisme lors de ses prêches. Réputé proche des Frères musulmans, il fait l’objet depuis le 29 juillet dernier d’un arrêté d’expulsion vers le Maroc, demandé par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

Ainsi, la chaîne d’information qatarie Al-Jazeera s’est emparée du sujet, indiquant sobrement que le prédicateur accusé de porter “une vision de l’islam contraire aux valeurs de la République française” était désormais activement “recherché par les services de renseignement français”.

La Maroc avait, dans un premier temps, accordé le laissez-passer indispensable à l’expulsion. Mais le royaume s’est rétracté brusquement au soir du 31 août, en suspendant la décision consulaire, a indiqué Le Desk.

Revirement diplomatique improbable

L’affaire, qui ne laissait aucunement présager de tels rebondissements, semble se diriger vers une “crise diplomatique” qui ne dirait pas ouvertement son nom, estime le média marocain Assahifa.

Selon Le Desk, la volte-face marocaine serait due au manque de “clarté” de la France au sujet du statut du Sahara occidental, tout comme à la décision française de réduire le nombre de visas accordés aux ressortissants maghrébins.

En effet, à la fin de 2021, le gouvernement français avait décidé de réduire de moitié les visas octroyés aux trois pays du Maghreb, au motif qu’ils refusaient de délivrer des “laissez-passer consulaires pour l’expulsion de leurs ressortissants en situation irrégulière”, rappelle Middle East Eye.

Du côté marocain, la nouvelle politique de quotas a été vécue comme “une punition collective”, précise le site d’information Barlamane, puisqu’elle aurait des conséquences sur “le quotidien de centaines de milliers d’individus” qui partagent leur vie entre les deux rives.

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