Affaire Halimi: la Cour de cassation répond sèchement à Emmanuel Macron

Le HuffPost avec AFP
Emmanuel Macron au mémorial de la Shoah à Paris lundi 27 janvier. 

POLITIQUE - Emmanuel Macron a-t-il dérogé au principe de séparation des pouvoirs lorsqu’il a dit devant la communauté française d’Israël comprendre le “besoin de procès” dans l’affaire Sarah Halimi? C’est ce que semblent penser la présidente de la Cour de Cassation, Chantal Arens, et le procureur général François Molins dans un communiqué diffusé ce lundi 27 janvier. 

Les deux plus hauts magistrats du pays y “rappellent que l’indépendance de la justice, dont le Président de la République est le garant, est une condition essentielle du fonctionnement de la démocratie”.

Cette expression intervient après que le chef de l’État a laissé entendre à deux reprises que, malgré l’irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi décidée par la justice, il souhaitait qu’un procès puisse se tenir. En le suggérant devant la communauté française de Jérusalem d’abord, puis en l’évoquant clairement auprès des journalistes dans l’avion qui le ramenait à Paris. 

“Il faut un procès sur des sujets aussi forts, quand bien même à la fin, pour des raisons d’expertise, on déciderait qu’il n’y aurait pas de responsabilité pénale, parce qu’on aura établi les autres responsabilités, qu’on aura permis de faire émerger la vérité et de faire le travail de deuil”, avait déclaré Emmanuel Macron

“Consternation”

Des sorties qui sont visiblement très mal passées. “Les magistrats de la Cour de cassation doivent pouvoir examiner en toute sérénité et en toute indépendance les pourvois dont ils sont saisis”, écrivent Chantal Arens et François Molins, dans cette -très rare- mise au point, et alors que la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français examine justement le pourvoi qui a été formé dans ce dossier. 

Les propos du chef de l’État ont aussi choqué le milieu judiciaire, plusieurs représentants syndicaux faisant part de leur “consternation”.“Nous sommes scandalisés par ces propos. Certes, il rappelle qu’il est garant de l’indépendance de la justice, qu’il ne peut pas interférer dans les...

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