Affaire Grégory : plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime


Les gardes à vue des trois membres de la famille Villemin interpellés hier ont été prolongées ce jeudi matin. Aucun aveu n’a été prononcé pour l’instant. Les enquêteurs espèrent toujours faire la lumière sur l’une des grandes énigmes judiciaires de ces dernières décennies.

Les enquêteurs sont “sur le chemin de la vérité”. Et déjà, l’enquête montre que “plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime”, a annoncé jeudi le procureur général de Dijon.

“Quelques jours avant le passage à l’acte, des repérages et surveillances ont été réalisés, opérés par un homme portant une moustache et quelques fois accompagné d’une femme”, a précisé Jean-Jacques Bosc, ajoutant que l’enquête s’oriente vers la vérification des emplois du temps des suspects dans le cadre de leur garde à vue.

Les corbeaux identifiés ?

Par ailleurs, la justice croit avoir identifié les corbeaux. Les trois personnes placées en garde à vue ont été mises en cause par l’expertise graphologique sur des lettres de menaces ou de revendication du crime, a indiqué le procureur général de Dijon.

L’expertise d’une lettre de menaces envoyée en 1984 à Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, “est confondante à l’encontre d’une personne qui est Jacqueline Jacob”, a déclaré le procureur.

Jean-Jacques Bosc a également évoqué une “similitude” entre l’écriture de ce courrier et celle du message de revendication du crime envoyé le jour des faits aux parents.

Trois personnes toujours en garde à vue

Les trois personnes dont la garde à vue a été prolongée jusqu”à vendredi matin sont des membres de la famille de Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory. Il s’agit de :

  • Marcel Jacob et son épouse, l’oncle et la tante de Jean-Marie Villemin, tous deux septuagénaires. Marcel est le “grand oncle” du petit garçon et le frère de Monique, la grand-mère de l’enfant disparu.
  • Ginette Villemin, la belle-soeur de Jean-Marie Villemin

Selon nos informations, les interpellés se montrent peu coopératifs et aucun aveu n’a été prononcé pour l’instant.

Des auditions qui entrent “dans le dur”

De source proche du dossier, les enquêteurs devaient “entrer dans le dur” jeudi. Des perquisitions ont eu lieu chez les suspects. Ils ont tous les trois été interpellés hier, incroyable rebondissement 32 ans après la mort mystérieuse du petit Grégory dont le corps avait été retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne. Selon nos informations, c’est un travail d’analyse criminelle, et plus particulièrement de graphologie, qui a conduit à ces interpellations.

Par ailleurs, les éléments saisis pendant les perquisitions sont toujours en expertise.

Les grands-parents de Grégory entendus

Monique Villemin, la grand-mère de Grégory, a également été entendue mais en audition libre. Son état de santé ne permettait pas de la placer en garde à vue.

Son mari, Albert Villemin, a également été entendu.

“Complicité d’assassinat”

Les gendarmes de la section de recherches de Dijon ont arrêté le couple de septuagénaires à Aumontzey, et la belle-soeur à Arches, dans les Vosges.

Ils sont en garde à vue pour des faits de “complicité d’assassinat, non-dénonciation de crime, non-assistance à personne en danger et abstention volontaire d’empêcher un crime”, selon le quotidien l’Est Républicain, qui a révélé l’information.


 

Des études graphologiques à l’origine des interpellations

D’après nos informations, ces interpellations ont été rendues possibles grâce à un travail d’analyse criminelle. Les enquêteurs ont relu à froid tout le dossier avec le Service central du renseignement criminel.

Ce service est spécialisé dans le profilage, les affaires classées et la graphologie. C’est en étudiant ce dernier aspect dans l’affaire Grégory que des révélations ont été mises à jour.

La haine familiale à l’origine de l’homicide

Les enquêteurs sont dès lors persuadés que l’une des personnes interpellées connaît le ou les corbeaux, et qu’en la faisant parler, ils pourront découvrir qui a tué le petit Grégory.

Ils sont convaincus que c’est la haine entre les Villemin et la famille de Bernard Laroche, cousin du père de Grégory, qui a conduit à la mort de l’enfant.

Le dossier déjà rouvert à deux reprises

Le corps du garçon de quatre ans avait été retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne, à Lépange-sur-Vologne, son village.

Bernard Laroche, un parent, avait été mis en examen pour le meurtre, puis libéré, en raison d’erreurs de procédure notamment. Il avait été abattu par le père de l’enfant avant que la mère, Christine Villemin, soit elle-même poursuivie. La cour d’appel de Dijon l’a finalement innocentée en 1993.

Le dossier a été rouvert par deux fois, en 2008 et en 2010, pour réaliser des analyses ADN de pièce du dossier, expertises qui n’ont pas abouti mais ont permis de maintenir le dossier ouvert.

L’affaire Gregory en 10 dates