Affaire des "Grands Frères" en Guadeloupe: les détentions provisoires des mis en examen prolongées

Affaire des "Grands Frères" en Guadeloupe: les détentions provisoires des mis en examen prolongées
Des véhicules brûlés bloquent une route à Sainte-Rose, le 30 novembre 2021 en Guadeloupe - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP
Des véhicules brûlés bloquent une route à Sainte-Rose, le 30 novembre 2021 en Guadeloupe - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP

La détention provisoire des quatre personnes mises en examen dans l'affaire des "Grands Frères", soupçonnées d'avoir organisé les mouvements sociaux de novembre 2021 en Guadeloupe et planifié des extorsions de fonds, a été prolongée de 6 mois, ont indiqué vendredi leurs avocats.

"Le mandat de dépôt à l'encontre de Frédéric Dumesnil, Noël Daufour et Didier Laurent et Loïc Chenilco" a été prolongé de "6 mois par le juge de la liberté et de la détention", ont déclaré les avocats en conférence de presse. Les avocats ont déclaré leur intention d'interjeter appel de la décision.

En novembre 2021, un mouvement de contestation cristallisé autour des mesures sanitaires contre le Covid-19 avait dégénéré en violentes émeutes urbaines, avec barrages, pillages ou encore incendies à travers l'île.

Soupçons d'organisation des émeutes

En janvier dernier, le parquet de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, avait révélé à la presse les soupçons d'organisation et de planification de ces émeutes, en vue d'extorquer des fonds à de grands groupes et des élus via des associations.

"Cela fait un an qu'ils sont en détention provisoire" a rappelé à l'AFP l'avocat Juan Branco, qui défend trois des mis en cause et leur famille.

Il a fustigé "la lâcheté des syndicats, notamment l'UGTG mais aussi des élus locaux" qui ne donnent selon lui "aucun soutien aux familles" des prévenus et les conditions des détenus, "déportés aux quatre coins de l'Hexagone".

Les "Grands Frères" - surnom lié à leur action auprès de la jeunesse - bénéficient en Guadeloupe de nombreux soutiens, parfois de responsables politiques locaux tel le député tout juste réélu Olivier Serva qui avait exprimé en janvier sa solidarité envers ces "médiateurs nécessaires dans la crise sociale en Guadeloupe".

Huit personnes avaient été arrêtées dans ce dossier en janvier 2022. Quatre ont depuis été libérées. Quatre nouveaux prévenus ont été mis en examen en décembre.

Article original publié sur BFMTV.com