Affaire George Floyd : des policiers se joignent aux manifestants

Les manifestations se poursuivent aux États-Unis. Des hommages pacifiques se sont multipliés dans plusieurs villes, comme Los Angeles (Californie), où le maire a mis un genou à terre. Ce geste, des policiers l’ont reproduit, ce qui lui donne une force particulière.

C’est un geste simple, un genou à terre, un signe de ralliement aux manifestants que des centaines de policiers et de militaires ont accepté de faire aux États-Unis. Les premiers ont d’abord marché dans les cortèges, comme ce chef de la police du Wisconsin, qui avait un message de paix à délivrer. Dans le Michigan, la foule crie "Avec nous !", et le shérif ouvre la marche. La fraternisation, c’est aussi, sous les applaudissements, des policiers qui mettent le genou à terre. Inimaginable il y a peu, car ce geste est celui d’un rebelle, le joueur de football américain Colin Kaepernick, en 2016, contre les violences policières. Il a été exclu de la ligue pour cela. Aujourd’hui, s’agenouiller relève plus de l’humilité pour la police. Les embrassades et les câlins se font parfois en tenue antiémeute.Un lien pas totalement rompu avec la police Une autre vidéo montre, après une longue discussion, des militaires de la Garde nationale poser un genou à terre. Ces gestes n’ont pas empêché des heurts dans certaines villes, mardi 2 juin au soir, mais sont les témoins d’un lien pas encore totalement rompu entre la police et les citoyens américains. En duplex de Washington, la capitale, la journaliste Agnès Vahramian explique que "la mise en accusation des trois autres policiers, ceux qu’on voit sur la vidéo et qui ne font rien pendant plus de 8 minutes", pourrait permettre de calmer la colère. "Dire que ce mouvement va s’arrêter très vite, ce n’est pas réaliste, d’abord parce qu’il n’y a pas de leaders avec lesquels négocier, ensuite parce que c’est une frustration qui s’exprime. (...) Il s’agit de convaincre toute la société, notamment sa partie la plus conservatrice, qu’il y a un problème à résoudre : celui du racisme", conclut-elle.