Affaire Fillon : Penelope aurait touché 45.000 euros d’indemnités de licenciement de l’Assemblée


Dans son édition à paraître demain, Le Canard Enchaîné affirme que Penelope Fillon a touché au total 45.000 euros d’indemnités de licenciement de la part de l’Assemblée nationale. Dans le même temps, Le Parisien révèle qu’elle a cumulé en même temps deux emplois à temps plein, celui de collaboratrice de son mari et de conseillère à La Revue des deux mondes.

C’est le troisième mercredi d’affilée que Le Canard Enchaîné déterre des informations sur Penelope Fillon. Après le fait qu’elle a gagné de l’argent comme assistante parlementaire (réelle ?) de son mari, dans les années 2000 puis 1980, le Palmipède écrit dans son édition de demain que la femme de François Fillon a touché 45.000 euros d’indemnités de licenciement de la part de l’Assemblée nationale.

Le journal tease leur parution de demain avec ce tweet : “Les flics n’ont trouvé aucun indice matériel du travail de Penelope, mais la trace de ses indemnités de licenciement”.


Et il donne un aperçu avec sa une : “Une preuve de plus que Fillon sait encaisser !”.

Le Canard Enchaîné / Une du 8 février 2017

29.000 euros pour 17 mois de travail

Ses 45.000 euros ont été perçus en deux temps. D’après l’hebdomadaire, après 17 mois de travail rémunérés 65.839 euros nets (selon le site internet de François Fillon), Penelope Fillon aurait touché en novembre 2013 “29.000 euros” d’indemnités de licenciement.

Un niveau d’indemnités supérieur aux premières qu’elle avait perçu en 2002, pourtant déjà bien élevées à l’époque selon Le Canard. Après la fin de son emploi comme assistante parlementaire de son mari de 1998 à 2002, elle aurait touché 16.000 euros d’indemnités (pour 165.686 euros net de salaires sur cette période), “soit l’équivalent de cinq mois de salaire”, alors qu’elle avait retrouvé un mois plus tôt un emploi auprès du suppléant de François Fillon, Marc Joulaud.

Et Le Canard d’ironiser : “Elle va cumuler deux salaires durant un peu plus d’un mois. Bien plus efficace que Pôle emploi!”

Deux plein temps cumulés

Sauf qu’elle aurait cumulé deux salaires pendant bien plus longtemps, et pas seulement des indemnités selon Le Parisien. Pendant près d’un an et demi, en 2012 et 2013, l’épouse du candidat à la présidentielle était à la fois journaliste à la Revue des deux mondes et assistante de son mari à l’Assemblée. A temps plein dans les deux cas.

Lors de son audition devant les enquêteurs, François Fillon a reconnu que son épouse était employée à la Revue des deux mondes, entre mai 2012 (et non depuis septembre comme il l’avait auparavant indiqué) et décembre 2013. Or, de juillet 2012 à novembre 2013 soit presque à la même période, elle bénéficiait d’un autre contrat : celui de collaboratrice de son mari à l’Assemblée.

“Aucune incompatibilité”

Selon des sources proches de l’enquête, ces deux contrats étaient censés être à temps plein. Interrogé sur ce cumul, l’avocat de François Fillon, Me Antonin Lévy, juge qu’”il n’existe aucune incompatibilité” et qu’il s’agit d’ “une question d’organisation du temps de travail”.

Une ligne de défense reprise par l’entourage de Penelope Fillon pour qui le statut d’assistant parlementaire en CDI est dérogatoire au droit du travail : “Ce statut est très mal défini. L’employeur de Penelope est son mari, député, qui organise le travail de sa collaboratrice comme il l’entend.”

“Ne pas dépasser 52 heures”

“Il n’y a pas d’interdiction de cumul, confirme un spécialiste de droit du travail, mais le salarié ne doit pas dépasser un total de 52 heures par semaine.” Ce qui correspond à plus de 7 heures de travail par jour sur une semaine, weekend compris. Alors Penelope Fillon a-t-elle trop travaillé ?

Ces informations tombent alors que l’avocat de François Fillon estime que ce n’est pas son client qui a commis des “irrégularités”, mais que c’est l’enquête du parquet financier qui en contient.