Affaire Fillon: Macron saisit pour avis le Conseil supérieur de la magistrature

Jeanne Bulant
Emmanuel Macron le 31 mars 2020 dans une usine près d'Angers - Loic VENANCE © 2019 AFP

Emmanuel Macron a demandé vendredi soir au Conseil supérieur de la magistrature de vérifier que le parquet national financier (PNF) a bien mené en "toute sérénité, sans pression" de l'exécutif son enquête sur les époux Fillon pendant la campagne présidentielle de 2017.

"Le Président de la République a décidé ce jour de saisir, pour avis, en application de l’article 65 de la Constitution, le Conseil supérieur de la magistrature en sa formation plénière, sur le fonctionnement de la justice dans l’affaire de M. François Fillon suite aux propos tenus le 10 juin dernier par l’ex-procureure nationale financier devant une commission d’enquête parlementaire", fait savoir l'Elysée dans un communiqué.

"Lever tout doute sur l’indépendance et l’impartialité de la justice"

"Ces propos, qui ont suscité un émoi important, sont interprétés par certains comme révélant d’éventuelles pressions qui auraient pu être exercées sur la justice dans une procédure ouverte à un moment essentiel de notre vie démocratique", poursuit la présidence, qui dit vouloir agir en tant que "garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire"

Le chef de l'Etat a pris cette décision après les propos de l'ex-procureure nationale financier Eliane Houlette, qui s'était émue du "contrôle très étroit" qu'aurait exercé le parquet général, son autorité de tutelle directe, dans la conduite des investigations lancées en pleine campagne présidentielle de 2017.

Entendue le 10 juin par la commission d'enquête parlementaire sur l'indépendance de la justice, Éliane Houlette, désormais à la retraite, a réaffirmé avoir décidé en janvier 2017, en toute indépendance, d'ouvrir une enquête visant les époux Fillon après des soupçons d'emplois fictifs révélés par le Canard enchaîné. Mais elle s'est également émue du "contrôle très étroit" qu'aurait exercé le parquet général dans la conduite des investigations.

Vendredi, Eliane Houlette a ensuite "regretté" que ses propos aient été "déformés ou mal compris". "M. Fillon n'a pas été mis en examen à la demande ou sous la pression du pouvoir exécutif", a-t-elle affirmé, ces "pressions" étaient d'ordre "purement procédural".

Article original publié sur BFMTV.com