Affaire Fillon: l'ex-procureure nationale financière "regrette" que ses propos aient été "déformés"

Hugo Septier avec AFP
Eliane Houlette en janvier 2016 à Unterschleissheim, près de Munich, en Allemagne - LUKAS BARTH © 2019 AFP

L'ancienne cheffe du parquet national financier Eliane Houlette a "regretté" vendredi que ses propos tenus le 10 juin lors d'une audition à l'Assemblée nationale sur des "pressions" de sa hiérarchie dans l'enquête sur l'affaire Fillon, et qui ont suscité l'émoi, aient été "déformés ou mal compris."

Cette dernière "tient à ce qu'il soit bien compris que François Fillon n'a pas été mis en examen à la demande ou sous la pression du pouvoir exécutif", selon une déclaration à l'AFP transmise par son avocat Me Jean-Pierre Versini-Campinchi.

Entendue le 10 juin par la commission d'enquête parlementaire sur l'indépendance de la justice, Éliane Houlette avait réaffirmé avoir décidé en janvier 2017, en toute indépendance, d'ouvrir une enquête visant les époux Fillon après des soupçons d'emplois fictifs révélés par le Canard enchaîné.

"L'enregistrement de l'audition, accessible sur le site de l'Assemblée nationale, montre que les pressions qu'elle a mentionnées ne portent pas sur les faits reprochés à M. Fillon ni sur le bien-fondé des poursuites diligentées contre lui. Elles étaient d'ordre purement procédural", souligne-t-elle.

"Instrumentalisation"

Cette enquête, lancée en pleine campagne présidentielle et au moment où François Hollande était président, avait empoisonné la candidature de François Fillon à l'Élysée et conduit au printemps 2020 à son procès en correctionnelle aux côtés notamment de son épouse Penelope. Le jugement est attendu le 29 juin.

Lors de son audition, elle s'était en revanche émue du "contrôle très étroit" qu'aurait exercé le parquet général, son autorité de tutelle directe, dans la conduite des investigations.

Ces déclarations ont depuis suscité de nombreuses accusations d'"instrumentalisation" de la justice dans le camp de François Fillon (Les Républicains) mais aussi de la part de Marine Le Pen (Rassemblement national) ou de Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise).

Dans sa déclaration de vendredi, celle qui a dirigé le PNF de février 2014 jusqu'à son départ à la retraite fin juin 2019 "souhaite que s'apaise une polémique inutile" et "tient à confirmer que la décision du PNF d'ouvrir dans le dossier Fillon une information judiciaire confiée à un juge d'instruction procède de la seule décision de ce parquet liée à l'évolution du droit de la prescription".

Cette décision ne procède "pas de pressions qu'elle aurait subies", martèle-t-elle.

Article original publié sur BFMTV.com