Affaire Fillon : une ex-procureure évoque des "pressions" hiérarchiques, émoi politique

Depuis que l'ancienne cheffe du parquet national financier a déclaré avoir subi des «pressions» de la part de sa hiérarchie dans la conduite de l'enquête sur l'affaire Fillon, plusieurs responsables politiques crient au scandale.

Depuis les propos tenus, la semaine dernière, par Eliane Houlette, la colère gronde. L'ancienne cheffe du parquet national financier a assuré avoir subi des «pressions» de la part de sa hiérarchie dans la conduite de l'enquête sur l'affaire Fillon. C'est elle qui avait décidé de l'ouverture d'une enquête contre le couple Fillon, en janvier 2017, après les révélations du «Canard Enchaîné» sur les soupçons d'emplois fictifs. «Le plus difficile [...] a été de gérer en même temps la pression des journalistes, mais ça on peut s'en dégager, [...] et surtout la pression du parquet général», a-t-elle accusé devant la commission d'enquête parlementaire sur l'indépendance de la justice. «On ne peut que se poser des questions, c'est un contrôle très étroit et c'est une pression très lourde», a-t-elle poursuivi, évoquant «des demandes de transmission rapide» sur les actes d'investigation et les auditions, mais aussi une convocation par le parquet général, demandant que l'enquête soit confiée à un juge d'instruction.

Les propos de l'ancienne magistrate, partie à la retraite à l'été dernier, ont été tenus le 10 juin mais mis en lumière par un article du «Point» cette semaine, sur lequel se basent plusieurs membres du parti Les Républicains pour dénoncer une «instrumentalisation» de la justice : «La judiciarisation à l'extrême, et parfois instrumentalisée, de la vie politique française est un lent poison démocratique», a accusé Damien Abad, chef des députés LR, alors que le verdict du procès en correctionnelle, qui s'est tenu en début d'année, est attendu pour le 29 juin prochain.

Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, a écrit au président Emmanuel Macron et à la ministre de la Justice Nicole Belloubet pour leur demander «la(...)


Lire la suite sur Paris Match