Affaire Ferrand : la défense à géométrie variable de l'exécutif

Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale

En 2017, l’exécutif assurait que Richard Ferrand serait immédiatement démis de ses fonctions s’il était mis en examen. Depuis, la situation a changé.

Un politique mis en examen doit-il démissionner ? Entre 2017 et 2019, l’exécutif a changé d’avis, au gré de l’évolution de l’affaire Ferrand. En mai 2017, alors que l’affaire éclate, le gouvernement fait bloc autour du ministre de la Cohésion des territoires, alors qu’une enquête est ouverte concernant ses montages immobiliers.

Le 30 mai 2017, Edouard Philippe est invité du 20 heures de France 2 pour s’exprimer sur l’affaire. Le Premier ministre rappelle alors la règle de conduite pour le gouvernement : “Un ministre mis en examen devra démissionner immédiatement. Il n’y a aucune ambiguïté là-dessus”, affirme le chef du gouvernement.

“Un ministre mis en examen devra démissionner immédiatement”

Christophe Castaner, alors porte-parole du gouvernement, appuie la position d’Edouard Philippe : "Le Premier ministre a fixé une règle : si Richard Ferrand était mis en examen, il serait immédiatement démis de ses fonctions".

Richard Ferrand conservera dans un premier temps son poste de ministre, avant de quitter son poste trois semaines plus tard, et de devenir successivement président du groupe LREM à l’Assemblée puis président de l’Assemblée nationale.

Dans la nuit du 11 au 12 septembre, Richard Ferrand a finalement été mis en examen. Depuis, les appels à la démission se multiplient du côté de l’opposition.

La présomption d’innocence, nouvel argument

L’exécutif semble avoir changé les règles depuis 2017, puisque malgré la mise en examen de Richard Ferrand, Emmanuel Macron lui conserve sa confiance. Sibeth N’Diaye, porte-parole du gouvernement, décrit sur Europe 1 “un homme loyal, droit, qui a un parcours politique exemplaire”.

Pour défendre Richard Ferrand, un argument en chasse un autre, du côté de la majorité. Alors que l’argument de l’absence de mise en examen est désormais caduque, LREM met désormais en avant la présomption d’innocence. Jusqu’à quand ?