Affaire des « fadettes » : Borne suit l’avis du CSM et désavoue Éric Dupond-Moretti

Élisabeth Borne désavoue Éric Dupond-Moretti dans la procédure visant des magistrats
RAPHAEL LAFARGUE / AFP Élisabeth Borne désavoue Éric Dupond-Moretti dans la procédure visant des magistrats

La Première ministre clôt une procédure lancée par Éric Dupond-Moretti quand il est arrivé au ministère de la Justice à l’été 2020.

POLITIQUE - Fin de partie. La Première ministre Élisabeth Borne a décidé de « suivre l’avis du Conseil supérieur de la magistrature » dans l’affaire des « fadettes » , a indiqué Matignon à l’AFP ce vendredi 28 octobre. Pour le CSM, il n’y a « pas lieu » de sanctionner deux magistrats du Parquet national financier (PNF) soupçonnés de « manquements » dans l’affaire des « fadettes ».

La décision, qui revenait à la cheffe du gouvernement, solde des poursuites entamées par le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti peu après son entrée au gouvernement, alors qu’il avait été visé en tant qu’avocat par des relevés téléphoniques (« fadettes ») ordonnées par ces magistrats dans une instruction, ce qui lui vaut aujourd’hui des poursuites pour « prises illégales d’intérêt ».

Dans deux avis distincts rendus il y a dix jours, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) avait estimé que l’ex-cheffe du Parquet national financier, Éliane Houlette, et son actuel numéro deux Patrice Amar n’avaient « commis aucune faute disciplinaire » et qu’il « n’y a pas lieu » de les sanctionner.

Éric Dupond-Moretti accusé de « prises illégales d’intérêts »

La décision finale appartenait à la Première ministre, alors que ce double avis sonnait déjà comme un désaveu pour le garde des Sceaux. Juste avant d’arriver Place Vendôme, Me Dupond-Moretti avait dénoncé les méthodes de « barbouzes » du PNF qui avait épluché certains de ses relevés téléphoniques lors d’investigations visant à débusquer une taupe qui avait pu informer Nicolas Sarkozy qu’il était sur écoute.

Ouverte sous la supervision d’Éliane Houlette et classée sans suite en 2019, cette enquête controversée était menée en marge de l’affaire de corruption dite « Bismuth », impliquant l’ex-chef de l’État, son avocat Thierry Herzog et un haut magistrat. Tous trois ont été condamnés en première instance et seront rejugés en appel à la fin de l’année.

Accusant Éric Dupond-Moretti d’avoir usé de ses fonctions ministérielles pour régler des comptes liés à son passé d’avocat, des syndicats de magistrats et l’association Anticor avaient porté plainte contre lui fin 2020, déclenchant l’ouverture d’une enquête qui a conduit à son renvoi devant la Cour de justice de la République pour « prises illégales d’intérêts ».

Le ministre a formé un pourvoi contre cette décision inédite et affirmé que sa démission n’était « pas à l’ordre du jour ». Emmanuel Macron a, de son côté, pris sa défense en estimant que les poursuites qui le visent ne concernaient « en rien évidemment, ce qu’il a fait en tant que ministre ».

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